Interview de François Rouet

Le 12 février dernier, les étudiants de la majeure culturelle ont eu le plaisir de recevoir monsieur François Rouet, économiste de renom, sur le thème du marché de l’édition en France. Après un cours précis, analytique et très enrichissant, M. Rouet a gentiment accepté de répondre à quelques-unes de nos questions !

Qui est François Rouet ?

L’équipe : Est-ce que vous pouvez nous parler un peu de votre parcours ?

François Rouet : Je suis un statisticien et économiste qui a viré très vite sur le secteur culturel. Je m’intéresse particulièrement à la diversité des secteurs culturels et aux questions économiques qu’ils posent, que ce soit des industries culturelles mais aussi les économies du présentiel, du marché de l’art et du spectacle vivant, sans oublier l’économie du patrimoine.

L’équipe : Quel est le dernier livre que vous avez lu et que vous avez aimé et pourquoi ?

F.R : Ah ! C’est le livre d’un Estonien, « L’homme qui savait la langue des serpents », ça vous dit quelque chose ? (Ndlr : non, ça ne nous dit rien mais on a cherché et c’est un livre d’Andrus Kivirähk)

C’est un très beau livre et étonnant avec ça ! C’est un livre qui m’a plu en tant que tel, son écriture, l’évocation d’un monde disparu, celui du temps béni où les hommes parlaient aux serpents… Mais c’est aussi le symbole de l’ouverture possible à des littératures totalement méconnues et à des cultures totalement méconnues !

Du monde de l’édition et du numérique

L’équipe : Que pensez-vous du fait qu’Amazon et la Fnac par exemple, vendent maintenant énormément de livres et que par conséquent de nombreuses petites libraires disparaissent ? Pensez-vous qu’il s’agisse vraiment d’un gros danger pour la diversité culturelle et l’éducation des publics ou serait-ce plutôt une bonne chose parce que cela permet de couvrir une plus large audience ?

F.R : Il y a des mouvements qui sont dans l’ordre des choses comme la montée en puissance du livre numérique et de la vente par internet. C’est très clair et elle continuera. C’est aussi un mode d’accès à la diversité. On dit que la vente par internet tue tout mais tout dépend de comment sont faites les propositions et quelle place est donnée par exemple aux éditeurs et à la mention des éditeurs. Vous connaissez comme moi le référencement éditorial sur Amazon, il est nul, il n’existe pas. En même temps, le milieu des libraires reste un milieu qui connait la disparition mais aussi des créations ! Et je pense que plus on ira vers un monde numérique, avec des circulations dématérialisées, avec des achats dématérialisés, plus on aura le besoin de revenir à une économie présentielle. Et là, je pense que les libraires sous toutes les formes d’évolution qu’ils pourront connaitre, auront un rôle important, parce que ce besoin de rencontrer des vrais gens à propos des livres mais aussi à propos d’autres choses, ne peut qu’être la contrepartie croissante par rapport à la dématérialisation et à la virtualisation.

L’équipe : Dernière question : quel conseil donneriez-vous à quelqu’un de notre classe par exemple qui voudrait travailler dans le milieu de l’édition ?

F.R : Et bien, je répondrai un petit peu par la formule que donnait un éditeur qui était le grand Robert Laffont. Il disait que le rêve de tous les éditeurs c’était un jour de reprendre en étant dans une toute petite structure. Il leur disait la chose suivante : « Si j’étais jeune, avec l’expérience de ce que j’ai, je recommencerai parce que c’est ma passion. Je m’assurerais au moins 3 ou 4 millions de francs. Je limiterais les frais généraux au maximum et j’essaierais de varier mes programmes pour équilibrer mon budget. Mais tout cela est très difficile, ça demande des relations. Après je m’amuserais et j’essaierais de ne pas trop grandir contrairement à ce que j’ai fait. A tous ceux qui tentent l’expérience, je souhaite toutes les chances du monde mais c’est dur, très dur et il faut le savoir, il faut être prêt à souffrir ! ».

 

Pour ceux qui souhaiteraient acheter le livre dont il est fait mention dans l’interview, c’est par ici : sur décitre ou sur la Fnac.

Si vous souhaitez acheter le livre de François Rouet sur l’économie du livre, direction la Fnac !

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