De l’intérêt d’une double formation

Les étudiants de la Majeure Culture à Audencia ont des profils très diversifiés. Ils viennent d’horizons différents ce qui fait la richesse de cette majeure. Il y a des étudiants d’Audencia (comme vous vous en doutez !), de l’Ecole du Louvre, de l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes… mais aussi parfois des étudiants aux parcours des plus atypiques. C’est le cas d’Apolline Lairy, 22 ans, étudiante en Majeure Culture à Audencia… mais aussi en Master 1 d’Histoire de l’Art à Nanterre.

Pourquoi suivre une telle formation ? 

Comment gérer ce dédoublement ?

Et, surtout, quels peuvent être les intérêts d’un tel parcours dans une future carrière au sein du secteur de la culture ?

Autant de questions que nous avons décidé de lui poser. 

Ton parcours est un peu particulier, n’est-ce pas ? Peux-tu nous le présenter rapidement ?

Particulier ? C’est le cas de la dire ! Durant ma scolarité, je suis allée un peu partout. Après un bac S, j’ai décidé de m’orienter vers cette sainte trinité qui m’attirait tant : la littérature, les langues et, bien sûr, l’art. Je suis donc entrée en prépa littéraire, spécialité histoire de l’art, dont je suis ressortie deux ans plus tard avec la conviction que je voulais travailler dans le secteur de la culture. C’est pour atteindre ce but que j’ai souhaité intégrer Audencia, afin de suivre la majeure Management des institutions culturelles et des industries multimédias. Mais, en entrant en première année en école de commerce, je ne me voyais pas renoncer ainsi aux cours d’histoire de l’art (et rien de mieux qu’un cours sur l’enluminure et les arts figurés du VIème au XIIème siècles pour s’aérer l’esprit après un cours de finance !). Lors de ma première année à Audencia, je me suis donc également inscrite en L3 d’Histoire de l’art à l’université de Lille3 (en L3, et pas en L1, car j’avais obtenu des équivalences lors de mes deux années en prépa littéraire). Une fois ma L3 en poche, j’ai décidé de passer aux choses sérieuses en continuant en Master 1 (cette fois-ci à Nanterre). A la vue du travail demandé pour le valider (partiels+mémoire+stage= une nouvelle sorte de trinité !), j’ai décidé de le passer en deux ans. Et me voici donc aujourd’hui, à la fois en majeure culture à Audencia et en Master 1 d’Histoire de l’art à Nanterre.

Tu suis donc à la fois une formation en commerce à Nantes, et une formation en Histoire de l’art à Nanterre. Comment parviens-tu à gérer les cours dans les deux structures ? 

Je suis inscrite à Nanterre dans une formation « à distance ». C’est une option disponible pour celles et ceux qui, faute de pouvoir suivre les cours en présentiel à cause de leur travail ou de leurs autres études, ne peuvent se rendre à l’université. Dans ce cas précis, les cours sont disponibles sur une plateforme en ligne (sous la forme de polycopiés, de diapos, ou même d’enregistrements des cours) et je n’ai à me déplacer que pour aller passer les examens. Cette partie est assez délicate car les absences à Audencia, même pour aller passer mes partiels d’Histoire de l’art, ne sont pas excusées. Il faut donc garder son quota d’absences ou passer mon semestre d’Histoire de l’art en rattrapage une fois les cours à Audencia achevés (ce que j’ai fait pour ma L3). En ce qui concerne le Master 1, j’ai eu la chance de pouvoir valider mes partiels en envoyant mes devoirs en ligne (mesure prise par Nanterre suite aux blocages des universités). Il ne me reste cette année que le mémoire, que je validerai lors de ma soutenance à Nanterre, et mon stage, qu’il est possible d’effectuer dans n’importe quelle structure en lien avec l’Histoire de l’art. 

Pour ce qui est d’Audencia, je suis le parcours Grande école classique. C’est le fait d’être dans cette formation « à distance », à Lille3 puis à Nanterre, qui vraiment m’a permis de suivre ces deux parcours en même temps.

Quels sont les avantages de suivre ces deux parcours justement ? 

Disons que l’un peut être une aide précieuse pour l’autre, et vice versa.

En ce qui concerne Audencia, mon parcours en Histoire de l’art m’aide à comprendre les cours relatifs aux musées et au marché de l’art de la majeure culture (même si ce n’est en rien indispensable pour les comprendre !). Avoir le Master à côté a aussi pu jouer sur ma sélection dans cette majeure (qui se fait à partir des notes et de l’explication du projet professionnel envisagé dans une lettre de motivation), et c’est définitivement un plus sur le CV lors d’entretiens pour des stages. Cela me permet déjà d’argumenter quand on me demande d’illustrer mon « sérieux » et ma « polyvalence » par un exemple concret, mais c’est aussi un élément différenciant par rapport à d’autres profils car il ajoute un socle théorique solide en Histoire de l’art aux capacités de gestion qui me viennent d’Audencia.

Même situation en ce qui concerne le Master. Le fait d’avoir une formation en parallèle dans une école de commerce reconnue démontre une polyvalence et des capacités de gestionnaire qui ne sont pas enseignées lors des cours à la fac. La situation géographique d’Audencia m’a aussi été utile ! Recherchant de préférence un stage en Bretagne (la région sur laquelle porte mon mémoire), dire que je venais d’Audencia (connue dans la région) m’a aidé à me différencier d’autres candidats. Tous ces éléments m’ont permis d’être acceptée en stage auprès de la directrice du Musée des Beaux-Arts de Brest, ville que j’apprécie beaucoup, pour aider à préparer la future exposition « La vraie vie est ailleurs ! » Femmes artistes autour de Marta Panqui sera inaugurée le 26 juin 2019. En ce qui concerne le mémoire à présent, je peux aussi dire que les cours de la majeure culture sur les musées m’ont aidé. Mon étude portant sur les musées des Beaux-Arts de Bretagne, j’ai pu correctement identifier les parties prenantes, leur rôle au sein de la structure et leurs différentes obligations qui peuvent avoir un impact sur mon sujet. 

Tu nous dis que tu travailles sur les musées des Beaux-Arts bretons pour ton mémoire. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

Je travaille plus précisément sur la place des artistes femmes des années 1830 à 1970 dans les musées des Beaux-Arts bretons. C’est un sujet qui me tient à cœur en tant que féministe et Bretonne par le sang (et le sol quand je le peux !). Même si j’ai grandi en région Centre et que j’ai pas mal bougé au cours de mes études, j’ai toujours été attachée à la Bretagne pour plusieurs raisons. Tout d’abord, mon père vient d’Ille-et-Vilaine, là où réside encore actuellement la branche paternelle de ma famille. Il y a aussi mes grands-parents maternels qui possèdent une maison à Fouesnant dans le Finistère où je passais toutes mes vacances quand j’étais enfant (et où je continue de revenir dès que je le peux !). Et enfin, il faut dire les choses… c’est une région magnifique ! Les paysages… la nourriture… et évidemment l’art ! (L’Ecole de Pont-Aven, ça vous parle ?). C’est là-bas que j’aimerai travailler, à terme, et j’essaye de mettre toutes les chances de mon côté en commençant à m’y faire une place par les stages (j’ai déjà fait six mois à Brest, et je repars pour un mois dans cette ville avec mon stage au musée) et par le sujet de mon mémoire qui est très ciblé sur la région et m’a permis de connaître les grands musées bretons sur le bout des doigts car j’ai dû m’y rendre maintes et maintes fois pour mon étude. Mais croyez-moi, il vaut bien la peine de piétiner tous les week-ends dans les salles des musées ! Trop peu étudié en France, le thème des artistes femmes est un sujet très intéressant et d’actualité. C’est d’autant plus le cas en Bretagne car, dès les années 1830, la création de nouvelles lignes de transport a amené nombre d’artistes (étrangers, puis Français) à se rendre en Bretagne pour trouver l’inspiration autour de paysages grandioses et de traditions encore préservées. Et parmi ces artistes, il y avait beaucoup de femmes, dont une grande partie très connue à leur époque. Mais comment sont-elles tombées peu à peu dans l’oubli ? Comment raviver leur souvenir auprès d’un public qui ne les connaît pas ou peu ? Comment les mettre en valeur lors des expositions ? Ce sont à ces questions et à bien d’autres que je tente de répondre dans mon mémoire, et je compte bien poursuivre ces questionnements dans mon futur professionnel. 

Propos recueillis par Pauline Ferrières et Mélanie Blanc.

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