Le Ballet dans votre salon

Depuis la survenue de l’épidémie de Covid-19 courant mars 2020, le monde du spectacle vivant est à l’arrêt – ou presque. Pour palier les annulations de saisons, de nombreuses compagnies de danse à travers le monde ont développé des outils digitaux pour permettre aux balletomanes de maintenir le lien avec elles et d’avoir accès à certaines pièces de leur répertoire.

Embarquons donc avec cet article pour un tour du monde des Ballets à l’heure du confinement, l’occasion de découvrir leurs pièces phares du moment sans avoir besoin de monter à bord d’un avion.

Opéra de Paris

Commençons par l’une des compagnies les plus emblématiques, tant pour son histoire que pour la qualité de ses danseurs et de son répertoire : l’Opéra de Paris. Entre les mouvements sociaux de décembre 2019 et l’épidémie de Coronavirus, c’est plus d’une centaine de représentations qui ont été annulées. Il était donc crucial pour cette Maison de renouer avec son public. A travers de nouvelles plateformes comme 3ème Scène ou encore Aria, l’Opéra avait déjà amorcé sa transition digitale au cours des dernières années, et c’est donc naturellement que le confinement a été l’occasion de maintenir le lien avec son audience en publiant régulièrement des captations de pièces chorégraphiques. En ce moment, c’est le ballet inédit de la saison 2019-2020 Body & Soul de Crystal Pite qui est mis à l’honneur. Entre harmonie du corps de ballet et solos d’étoiles explosifs, on ne peut que recommander de plonger dans l’univers de cette pièce phare de la saison.

NB : Pour vous essayer à la discipline, vous pouvez également vous rendre sur le compte Instagram du Ballet de l’Opéra de Paris, où des cours de danse ont été dispensés par des étoiles de la Compagnie en IGTV.

Malandain Ballet Biarritz

Après sa nomination aux Benois de la Danse 2017 et la Première de son ballet Marie-Antoinette à l’Opéra de Versailles, Thierry Malandain continue de nous éblouir avec sa nouvelle création : La Pastorale. Sur la 6ème Symphonie de Beethoven, le chorégraphe nous enchante à travers une composition mêlant esthétique classique et mouvements novateurs. La captation de La Pastorale au Théâtre de Chaillot est disponible sur Arte ici !

Royal Opera House

Le Royal Ballet de Londres proposait bien avant l’épisode de confinement une multitude de contenus digitaux : du cours de danse de la Compagnie à la répétition publique en passant pas les bandes-annonces des prochaines productions, l’institution britannique était déjà très avancé en matière de présence numérique. Si ce n’est pas encore fait, il est temps d’aller découvrir cette mine d’or, mais également de profiter de la mise en ligne de plusieurs pièces du répertoire. Dernière en date : Anastasia, dansée en 2016 par les fantastiques Natalia Osipova, Marianela Nunez, Federico Bonelli, Edward Watson et Thiago Soares.

New York City Ballet

De l’autre côté de l’Atlantique, le New York City Ballet gâte son audience avec la diffusion de deux ballets par semaine entre le 21 avril et le 29 mai. Prochain en date : Donizetti Variations de George Balanchine, l’occasion de découvrir ce chorégraphe emblématique du 20ème siècle à travers une pièce lumineuse et enjouée.

Het National Ballet

De retour en Europe, du côté des Pays-Bas, le Het National Ballet a lui aussi mis à profit cette période de fermeture pour mettre à disposition des spectateurs plusieurs ballets classique et contemporain, représentatifs du style éclectique de la Compagnie.  Jusqu’au 30 mai, vous pourrez découvrir la pièce Mata Hari, chorégraphiée par le directeur du Ballet Ted Brandsen. Ce ballet narre l’histoire de la célèbre Mata Hari, danseuse néerlandaise fusillée lors de la Première Guerre Mondiale pour espionnage.

L’opportunité de pénétrer l’univers chorégraphique de la Compagnie, mais aussi d’aller à la rencontre de ce personnage historique.

Marinsky Theatre

Nous finissons notre tour du monde des compagnies de danse avec le Marinsky Theatre en Russie. Vous pourrez trouver sur sa chaîne YouTube de nombreuses captations vidéos d’opéras, mais également de ballets emblématiques du répertoire classique tels que Giselle ou encore La Belle au Bois Dormant.

Bien sûr, si le digital amène des solutions partielles et temporaires à la fermeture des théâtres pendant l’épidémie, rappelons-nous qu’elles ne sont bien que partielles et temporaires. Du côté du public, il n’est de spectacle vivant à proprement parler que lorsque la dimension de coprésence existe, lorsque audience et artistes se rencontrent brièvement le temps d’une envolée d’une heure ou deux. De leur côté, les Compagnies souffrent, au-delà des contraintes financières, de ne pouvoir assouvir leur besoin d’aller à la rencontre du public, voire de ne pas survivre à cette crise. Dans un article publié sur la page Facebook du Malandain Ballet Biarritz, Thierry Malandain s’interroge :

Dans le monde d’après, y aura-t-il encore des danseurs permanents dans les Centres Chorégraphiques Nationaux ?

Thierry Malandain

Retournons donc aussi vite que se peut dans les théâtres applaudir ces artistes que nous aimons tant.

Par Axelle Marcot

Pour l’autre article de la semaine, c’est ici !