Tour du monde en 6 initiatives culturelles et confinées

Alors que nous ressortons progressivement d’une période unique de confinement collectif, les lieux culturels tels que les cinémas, les salles de spectacles, les musées, les théâtres… demeurent toujours fermés. Cela n’a pas empêché les acteurs du secteur culturel de nous offrir un contenu artistique riche tout au long de ces deux derniers mois. Paradoxe inédit : bien que le secteur culturel ait vu l’ensemble de ses établissements fermés, les offres culturelles digitales n’ont jamais été aussi nombreuses, et l’accès à la culture autant facilité. L’art reste un remède indispensable face à l’ennui, l’isolement et l’anxiété provoquée par les perspectives d’une telle crise sanitaire sur notre vie future. Nous avons donc vu naître une multitude d’initiatives culturelles et artistiques à travers le monde, encouragée par la nécessité de garder un contact avec le public, de continuer à exercer sa créativité, ou tout simplement de remédier à l’ennui et d’oublier quelques instants l’isolement forcé. Pendant cette période si particulière, les acteurs du secteur culturel ont redoublé d’ingéniosité pour maintenir un contact avec leur public éloigné.

À défaut d’avoir pu voyager, je vous propose de faire un tour de quelques initiatives artistiques qui ont résonné dans le monde entier et permis à la culture de s’infiltrer chez nous durant le confinement, pour notre plus grand plaisir. Je vous invite à découvrir ou redécouvrir ces quelques exemples d’initiatives lancées par des artistes ou des institutions culturelles, qui ne représentent qu’une infime partie de ce que le monde de l’art a pu nous proposer ces derniers mois.

Peintures et reproductions, Le Getty Museum aux États-Unis

Depuis deux mois, les réseaux sociaux voient fleurir une multitude de reproductions d’œuvres d’arts représentant des tableaux célèbres tels que Les raboteurs de parquet de Gustave Caillebotte ou La laitière de Vermeer. Ce défi ouvert à tous est à l’initiative du Getty Museum de Los Angeles, qui a invité les internautes à reproduire chez eux des œuvres d’art en utilisant des objets du quotidien. Si les reproductions sont plus ou moins ressemblantes, ce défi a permis de mettre à l’épreuve l’imagination et la créativité des participants. Certains musées français comme le musée d’Orsay ont même repris cette idée, et publié sur leurs réseaux sociaux les résultats envoyés par les participants.


Rassemblement à distance de musiciens en Serbie

Le 20 mars 2020, alors que l’Italie a entamé depuis 10 jours un confinement suite à la forte propagation de l’épidémie, l’orchestre du théâtre national serbe a décidé de rendre hommage aux italiens en reprenant l’hymne révolutionnaire italien Bella Ciao.

Suivant la même initiative, les membres de l’orchestre National de France ont repris Le Boléro de Ravel à distance, permettant aux internautes de profiter en ligne de l’œuvre de Maurice Ravel.

Projection d’œuvres de street art au Brésil

L’artiste brésilienne Rafamon, habituée à dessiner ses œuvres géantes et colorées sur les murs de la ville de Rio, a choisi de projeter ses créations depuis chez elle sur le mur situé en face de son immeuble. L’occasion également de diffuser un message d’espoir et de soutien à destination des passants dans un pays où la situation sanitaire s’aggrave de jour en jour. Ces créations sont visibles sur la page Instagram de l’artiste (@rafamon).

© Instagram de Rafamon

#LOPERACHEZSOI avec l’Opéra National de Paris 

Les salles de spectacles et salles de danse demeurent toujours fermées à ce jour. Alors pour pallier le manque de contact avec leur public ou leurs élèves, de nombreux danseurs ont trouvé des alternatives durant le confinement et ont mis à disposition des cours de danse en ligne.

La chorégraphe néo-zélandaise Parris Goebel a fait danser simultanément 69 000 personnes à travers le monde via un live Instagram. Les danseurs américains Janelle Ginestra, Willdabeast et bien d’autres continuent d’alimenter régulièrement la chaine immadance.tv.

En France, les danseurs étoiles de l’Opéra de Paris comme Dorothée Gilbert ou Hugo Marchand ont proposé des cours en direct via des live Instagram. Faciles d’accès, ces cours ont permis de maintenir un contact régulier avec le public, et pour certains danseurs de se garantir une rémunération même sans cours en présentiel. Les internautes devaient parfois payer un abonnement pour avoir accès aux cours en ligne. L’Opéra national de Paris a par ailleurs posté sur sa chaine Youtube une série de vidéos intitulée #LOPERACHEZSOI incluant les vidéos des cours en ligne des danseurs étoiles du Palais Garnier. Les internautes peuvent également y retrouver des interviews de chanteurs lyriques, de danseurs étoiles, de réalisateurs, et des extraits d’opéra chantés ou joués par des artistes confinés.

Stay Art Home avec l’artiste espagnol Pejac

Originaire d’Espagne, Pejac s’inspire de l’espace public et utilise différents procédés comme la peinture ou le collage pour créer des œuvres composites poétiques. Afin de faire perdurer son art durant le confinement, l’artiste espagnol a lancé son propre hashtag #STAYARTHOMEPEJAC pour inviter les internautes à explorer leur créativité en réalisant une œuvre picturale depuis leur foyer. Le concept consistait à utiliser l’extérieur visible depuis leur fenêtre comme support de création et comme source d’inspiration pour y faire évoluer toutes sortes de formes ou de personnages. Chaque participant était ensuite libre de partager sa création sur les réseaux sociaux via le hashtag #STAYARTHOMEPEJAC. Cette campagne artistique a rencontré un certain succès puisque des centaines de créations provenant de plus d’une cinquantaine de pays à travers le monde ont été publiées. Cette initiative démontre de manière poétique la capacité de chacun à pouvoir jouer avec son environnement dans une situation aussi particulière que celle que nous vivons actuellement. 

Une chaîne de solidarité entre artistes en provenance du Royaume-Uni

Avec la fermeture des galeries d’art et le report des foires, vendre des œuvres d’art représente une difficulté supplémentaire pour les artistes et les institutions culturelles. Pour faciliter la vente à distance, l’artiste britannique Matthew Burrows a eu l’idée de développer une campagne intitulée Artist Support Pledge. L’idée est de proposer aux artistes souhaitant vendre une œuvre de publier sur Instagram une photo de leur création accompagnée du hashtag #artistssupportpledge. Le prix de vente de l’œuvre d’art ne doit pas dépasser £200. Si les ventes de l’artiste dépassent £1000, celui-ci s’engage par la suite à investir £200 dans l’achat de l’œuvre d’un autre artiste. Cette initiative a permis d’instaurer une solidarité financière entre artistes et de faire gagner en visibilité certaines créations. Des galeries d’art comme Beers London ont partagé l’initiative à leur communauté virtuelle pour encourager et donner plus de résonnance au projet. 

© Instagram #artistsupportpledge

Cette émergence d’initiatives nées d’un arrêt brutal de l’activité du secteur culturel doit s’appréhender de manière bien plus globale qu’une simple parenthèse créative due à un contexte particulier. Elle donne à réfléchir à la pertinence de certains supports digitaux pour maintenir un contact avec le public, dans un contexte où la digitalisation des modes de consommation tend à profondément modifier notre rapport à la culture. La mise en ligne des contenus, les visites virtuelles, les cours en visioconférence et les réseaux sociaux sont autant d’outils à développer pour proposer une interaction continue avec le public. À l’heure où les établissements redoublent d’efforts pour s’adapter aux contraintes imposées par les mesures de sécurité sanitaire en vue d’accueillir de nouveau du public, ces initiatives ont su démontrer la capacité des acteurs du secteur culturel à trouver des solutions pour proposer du contenu à leur public éloigné.

Sources :

Par Margot Di Bella

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Le Ballet dans votre salon

Depuis la survenue de l’épidémie de Covid-19 courant mars 2020, le monde du spectacle vivant est à l’arrêt – ou presque. Pour palier les annulations de saisons, de nombreuses compagnies de danse à travers le monde ont développé des outils digitaux pour permettre aux balletomanes de maintenir le lien avec elles et d’avoir accès à certaines pièces de leur répertoire.

Embarquons donc avec cet article pour un tour du monde des Ballets à l’heure du confinement, l’occasion de découvrir leurs pièces phares du moment sans avoir besoin de monter à bord d’un avion.

Opéra de Paris

Commençons par l’une des compagnies les plus emblématiques, tant pour son histoire que pour la qualité de ses danseurs et de son répertoire : l’Opéra de Paris. Entre les mouvements sociaux de décembre 2019 et l’épidémie de Coronavirus, c’est plus d’une centaine de représentations qui ont été annulées. Il était donc crucial pour cette Maison de renouer avec son public. A travers de nouvelles plateformes comme 3ème Scène ou encore Aria, l’Opéra avait déjà amorcé sa transition digitale au cours des dernières années, et c’est donc naturellement que le confinement a été l’occasion de maintenir le lien avec son audience en publiant régulièrement des captations de pièces chorégraphiques. En ce moment, c’est le ballet inédit de la saison 2019-2020 Body & Soul de Crystal Pite qui est mis à l’honneur. Entre harmonie du corps de ballet et solos d’étoiles explosifs, on ne peut que recommander de plonger dans l’univers de cette pièce phare de la saison.

NB : Pour vous essayer à la discipline, vous pouvez également vous rendre sur le compte Instagram du Ballet de l’Opéra de Paris, où des cours de danse ont été dispensés par des étoiles de la Compagnie en IGTV.

Malandain Ballet Biarritz

Après sa nomination aux Benois de la Danse 2017 et la Première de son ballet Marie-Antoinette à l’Opéra de Versailles, Thierry Malandain continue de nous éblouir avec sa nouvelle création : La Pastorale. Sur la 6ème Symphonie de Beethoven, le chorégraphe nous enchante à travers une composition mêlant esthétique classique et mouvements novateurs. La captation de La Pastorale au Théâtre de Chaillot est disponible sur Arte ici !

Royal Opera House

Le Royal Ballet de Londres proposait bien avant l’épisode de confinement une multitude de contenus digitaux : du cours de danse de la Compagnie à la répétition publique en passant pas les bandes-annonces des prochaines productions, l’institution britannique était déjà très avancé en matière de présence numérique. Si ce n’est pas encore fait, il est temps d’aller découvrir cette mine d’or, mais également de profiter de la mise en ligne de plusieurs pièces du répertoire. Dernière en date : Anastasia, dansée en 2016 par les fantastiques Natalia Osipova, Marianela Nunez, Federico Bonelli, Edward Watson et Thiago Soares.

New York City Ballet

De l’autre côté de l’Atlantique, le New York City Ballet gâte son audience avec la diffusion de deux ballets par semaine entre le 21 avril et le 29 mai. Prochain en date : Donizetti Variations de George Balanchine, l’occasion de découvrir ce chorégraphe emblématique du 20ème siècle à travers une pièce lumineuse et enjouée.

Het National Ballet

De retour en Europe, du côté des Pays-Bas, le Het National Ballet a lui aussi mis à profit cette période de fermeture pour mettre à disposition des spectateurs plusieurs ballets classique et contemporain, représentatifs du style éclectique de la Compagnie.  Jusqu’au 30 mai, vous pourrez découvrir la pièce Mata Hari, chorégraphiée par le directeur du Ballet Ted Brandsen. Ce ballet narre l’histoire de la célèbre Mata Hari, danseuse néerlandaise fusillée lors de la Première Guerre Mondiale pour espionnage.

L’opportunité de pénétrer l’univers chorégraphique de la Compagnie, mais aussi d’aller à la rencontre de ce personnage historique.

Marinsky Theatre

Nous finissons notre tour du monde des compagnies de danse avec le Marinsky Theatre en Russie. Vous pourrez trouver sur sa chaîne YouTube de nombreuses captations vidéos d’opéras, mais également de ballets emblématiques du répertoire classique tels que Giselle ou encore La Belle au Bois Dormant.

https://www.youtube.com/watch?v=_fjRUk13vBs

Bien sûr, si le digital amène des solutions partielles et temporaires à la fermeture des théâtres pendant l’épidémie, rappelons-nous qu’elles ne sont bien que partielles et temporaires. Du côté du public, il n’est de spectacle vivant à proprement parler que lorsque la dimension de coprésence existe, lorsque audience et artistes se rencontrent brièvement le temps d’une envolée d’une heure ou deux. De leur côté, les Compagnies souffrent, au-delà des contraintes financières, de ne pouvoir assouvir leur besoin d’aller à la rencontre du public, voire de ne pas survivre à cette crise. Dans un article publié sur la page Facebook du Malandain Ballet Biarritz, Thierry Malandain s’interroge :

Dans le monde d’après, y aura-t-il encore des danseurs permanents dans les Centres Chorégraphiques Nationaux ?

Thierry Malandain

Retournons donc aussi vite que se peut dans les théâtres applaudir ces artistes que nous aimons tant.

Par Axelle Marcot

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The crisis does not make culture less necessary, but rather indispensable

Historically, there has been little interest in the contribution of arts and artists to economic development in cities. The cultural sector (and cultural industries) have long been considered on the fringes of the urban economy but at the same time it is a complex, controversial and paradoxical term. Yet, it is seen as a key factor in boosting development, the economy and innovation in the territories.

What are innovation, development and economy?

Innovation is a key concept both for the creation of knowledge, the capacity to learn and for the territory, the latter being considered as a collective social and geographical process that induces a change in the capacity to understand both individuals and organizations.

On the other hand, development can be understood in three different ways: firstly as an optimal balance of interests and profits between different actors that interact with each other; secondly, as a source of inequality and polarization; finally, as a dynamic process resulting from a process of innovation and creation.

For many years, economy and culture forms have travelled along paths that are supposedly separate, responding to opposing discursive forms in which both domains were conceived. Culture has been erroneously associated as a nunproductive sector. The result of the intersection between economy and culture is the Creative and Cultural Industries.

Finally, culture is understood as an expression of collective intelligence, an instrument of emancipation and a mean of making a society for all. Innovation is an element resulting from creativity and stands out as a social construction and an investment in development which depends clearly on the political perspective.

Culture

Culture does not respond to the standards of economic theories or commercial markets, so it is difficult to define and quantify it. First, culture does not respond to the law of diminishing utility, which explains the effect that a consumptionof a good provides less additional utility the more it is consumed. Second, the marginal utility of consuming a good is not the same as that of consuming another good; it has an uncertain satisfaction.

According to this is that culture should be designed then not as a cost, but as a three-dimensional investment:

  • An economic investment because it is an essential factorin local development;
  • Collective investment because it promotes social cohesion, i.e. the possibility of bringing individuals together while respecting their differences;
  • A personal and intimate investment for the individual experience it delivers.

A little theory

In theoretical terms, I would like to highlight the expert in geography and economic growth, Richard Florida, who has given the first signs of classifying a population as « creative », despite some criticism, he gives a quantitative approach closer to classify the population with respect to economic growth.

According to this study, economic growth responds to three concepts: Talent, Tolerance and Technology. Describing the “creative” population as the mobile, qualified and connected population capable of solving complex problems.

« In my formulation, knowledge and information are materials of creativity and innovation… it’s the product. […]  Creativity will reappear today as a key element for contemporary capitalism. »

Richard Florida

In the United States, 30% of the population is part of the creative key. The importance of this creative class is that, on the one hand, they are engaged in the process of creation and that they are paid to be creative either in the fields of computer science, lawyers, scientists, researchers, engineers, artists, architects, etc.. On the other hand, as second theory, it is also worth mentioning the academic and expert in economics of culture Martial Poirson, with his theory « economy of attention » where he establishes the important role of knowledge as a form of cognitive exploitation, whose economic agents are not only in the media but also in cultural goods and services. He considers a new paradigm shifting the economic analysis from production to cultural consumption.

The Creative Industry and the Performing Arts

It has been demonstrated that culture brings together a set of creative knowledge that contributes to a territory, in the sense of measuring it. The Creative and Cultural Industry (ICC) is made up often main sectors: Visual Arts, Music, Performing Arts, Cinema, Television, Radio, Video Games, Books, Press and Advertising and Communication.

This sector has become increasingly important in the economies’ income. In France, it represents 3.2% of the GDP with a total turnover of 91.4 billion euros. The visual arts stand out as the sub-sector that provides the greatest added value, followed by live entertainment and music. Source: EY analysis, « The direct economic weight of culture in 2017 ».

In Latin America, the cultural sector generates 7% of the GDP, but even so its support and quantification model is deficient.

It is important to highlight within the Creative and Cultural Industries, the Performing Arts, given that this sector has caught my attention since in the European Union it has a quantification coming from its action, a situation that differs in Latin America.

The Performing Arts refer to those shows produced and disseminated by people who represent a work of the spirit in a territory, which refers  to dance, theatre, opera, contemporary music, fanfares, circus, street art, puppets, stories, among others. This sector shows the identity of a territory, and that due to factors such as a tendency to excess supply, a typical professional regime, differentiated remuneration, the performing arts area paradigm, from the economic and symbolic point of view that they represent.

Culture an international call

« To be creative is to bring out something new, in other words, to innovate ». The official discourse produced by the European Union as early as 2000 plays an important role in this phenomenon. The Lisbon Strategy aims to give Europe « the most competitive and dynamic knowledge-based economy in the world, capable of sustainable economic growth with more and better jobs and greater social cohesion ».

In this « knowledge economy », which is based on the triplych education-productivity-innovation, innovation is seen as a « catalyst for competitiveness ». Source: Cordobés and Ducret, in Godet, Durance and Mousli 2010, 328.

France’s strategy has designed and implemented various national programmes for sustainable development to include culture and creativity as a major area of intervention, and many ministries and partners are developing specific strategies to address the role of cultural and creative industries in sustainable development. This is why the intermittent regime, the Social and Solidarity Economy, the empowerment of entrepreneurs, the quality of entertainment entrepreneurs, are born as a response to a whole cultural ecosystem.

UNESCO describes CCIs as the workofthe future,which can emerge by supporting integrated cultural policy and regulatory environments throughout the value chain.

All is not lost

The different forms of responses by countries, international organizations that call for the recognition of creativity and culture, are once again on the agenda in times of crisis, as an instance torestructure strategies.

For this I would like to give some considerations to all those associations, individuals, entrepreneurs who seek to position themselves andactive agent in the reforms:

  • Consider culture and creativity as a sustainable development program within the restructuring of strategies, value chains and business models, among others.
  • Consider the care economy as a strategy of re-appropriation and emancipation within the new environmental, social and cultural challenges, placing care at the core of exchanges system in accordance with ethics and the common good.
  • Identify the level of digital experiences and technologies in which the projects, undertakings, startups, institutions, associations, museums, theatres, schools, etc. are related.
  • Complement and create information, which are two motors of production and culture.

We are now invited to use the economics of attention to the cognitive capacity of the brain in favor of economic growth and new models of capital accumulation. We are participating in a numerical era, where we are providers of relevant information for large industries, which should also be applied in the cultural and social sector. The digital revolution is forcing professionals to recognize creative economies and expand fields of competence, so we should first start by expanding our viewpoints and begin to build.

I invite you to a virtual journey!

Virtual Tours:

Theatre:

Music:

Online festivals:

Par Gisella Nuñez Salgado

Cet article en anglais est aussi disponible en espagnol ici. Pour découvrir l’autre article de la semaine, c’est par !

La crisis no hace menos necesaria la cultura, más bien la hace indispensable

Históricamente, ha existido poco interés en la contribución de las artes y los artistas al desarrollo económico en las ciudades. El sector de la cultura, durante mucho tiempo se ha considerado en una zona marginal de la economía urbana, al mismo tiempo es un término complejo, controversial y paradoxal, y que sin embargo se considera como un factor clave que potencia el desarrollo, la economía y la innovación en los territorios. 

¿Qué son la innovación, desarrollo y economía?

La innovación es un concepto clave tantopara la creación del conocimiento, la capacidad de aprendizaje y para el territorio, este último es considerado como un proceso colectivo social y geográfico que induce a un cambio de capacidad de comprensión tanto de individuos como de organizaciones.

Por su parte el desarrollo se puede entender de tres formas diferentes, primero como un equilibrio optimal, vale decir, como un balance de intereses y de ganancias entre diferentes actores que interactúan entre sí, segundo como una fuente de desigualdad y polarización y por ultimo como un proceso dinámico resultante de un proceso de innovación y creación. 

La economía y la cultura por muchos años han transitado por caminos que se suponen separados, respondiendo a formas discursivas opuestas en las que ambos dominios fueron concebidos. Erróneamente se ha asociado la cultura como un sector improductivo. Como resultado de la intersección entre economía y cultura resulta la Industria Creativa y Cultural.

Finalmente la cultura se entiende como una expresión de la inteligencia colectiva, un instrumento de emancipación y un medio para hacer una sociedad para todos. La innovación que es un elemento resultante de la creatividad y se destaca por ser una construcción social y una inversión al desarrollo el cual depende netamente de la perspectiva política.

La cultura

La cultura no responde a los estándares de las teorías económicas ni de los mercados comerciales, por eso es difícil su definición y cuantificación. Primero la cultura no responde a la ley de la utilidad decreciente, es decir el efecto que un consumir un bien  proporciona menor utilidad adicional cuanto más se consume, Segundo la utilidad marginal de consumir un bien no es igual a la de consumir otro bien, posee una satisfacción incierta, esto se debe a que los bienes culturales, artísticos son singulares y su experiencia es propia a cada individuo y por ultimo no posee características de un bien y comportamientos de compra. 

De acuerdo a esto es que la cultura debe ser diseñada entonces no como un costo, sino como una inversión en tres dimensiones: 

  • Una inversión económica porque es un factor esencial en el desarrollo local;
  • Inversión colectiva porque fomenta la cohesión social, vale decir, la posibilidad de unir a los individuos respetando sus diferencias;
  • Una inversión personal e íntima por la experiencia individual que entrega. 

Un poco de teoría

En términos teóricos me gustaría destacar al experto en geografía y crecimiento económico, Richard Florida, quien ha entregado los primeros indicios de clasificar una población como “creativa”, pese a que existen ciertas críticas, entrega un enfoque cuantitativo más cercano de clasificar la población con respecto al crecimiento económico. 

Según dicho estudio, el crecimiento económico responde a tres conceptos: Talento, Tolerancia y Tecnología. Describiendo la populación “creativa”, como la población móvil, cualificada y conectada capaz de resolver problemas complejos. 

 “En mi formulación, conocimiento e información son materiales de creatividad e innovación… es el producto” […] La creatividad revendrá en la actualidad como un elemento clave para el capitalismo contemporáneo”.

Richard Florida

En Estados Unidos el 30% de la población es parte de la clave creativa. La importancia de esta clase creativa es que de una parte se comprometen dentro del proceso de creación y que son pagados por ser creativos ya sea en los campos de informática, juristas, científicos, investigadores, ingenieros, artistas, arquitectos, etc.

Por otro lado como segunda teoría cabe destacar también al académico y experto en económica de la cultura Martial Poirson, con su teoría “economía de la atención” donde establece el rol importante del conocimiento como forma de explotación cognitiva, cuyos agentes económicos no están solo en el medio de comunicación sino también en los bienes y servicio culturales. Considerando un nuevo paradigma desplazando el análisis económico de la producción al consumo cultural.

La Industria Creativa y las Artes Escénicas

Queda demostrado que la cultura agrupa un conjunto de conocimientos de creación que contribuyen a un territorio, en sentido de mesurarlo se establece La industria Creativa y Cultural (ICC) el cual se conforma por diez sectores principales: las Artes Visuales, la Música, las Artes Escénicas, el  Cinema, la Televisión, la Radio, los Juegos de video, los Libros, la Prensa y la Publicidad y Comunicación.

Este sector ha adquirido cada vez mayor importancia en los ingresos de las economías, en Francia representan el 3,2% del PIB con una facturación total de 91.400 millones de euros. Destacando las artes visuales como el subsector que entrega mayor valor añadido, seguido por el espectáculo vivo y la músicaFuente: Análisis EY, « El peso económico directo de la cultura en 2017 »

En América Latina el sector cultural genera el 7% del PIB, pero aun así su modelo de apoyo y cuantificación son deficientes. 

Es importante destacar dentro de las Industrias Creativas y Culturales, Las Artes Escénicas, dado que este sector me ha llamado la atención ya que en la Unión Europea posee una cuantificación proveniente de su acción, situación que difiere en América Latina. 

Las Artes Escénicas se refieren a aquellos espectáculos producidos y difundidos por personas que representan una obra del espíritu en un territorio, el cual hace referencia a la danza, teatro, opera, músicas actuales, fanfarreas, circo, arte de la calle, marionetas, cuentos, entre otros. Este sector manifiesta la identidad de un territorio, y que por factores como un tendencia al exceso de oferta, régimen profesional atípico, remuneraciones diferenciadas hacen de las artes escénicas sean un paradigma, desde el punto de vista económico y simbólico que estas representan.

La cultura un llamado internacional

“Ser creativo es sacar algo nuevo, en otras palabras, innovar”. El discurso oficial producido por la Unión Europea ya en el año 2000 juega un papel importante en este fenómeno. La Estrategia de Lisboa tiene por objeto dotar a Europa de « la economía basada en el conocimiento más competitiva y dinámica del mundo, capaz de crecer económicamente de manera sostenible con más y mejores empleos y con mayor cohesión social ». 

En esta « economía del conocimiento », el cual se basa en el tríptico educación – productividad -innovación, la innovación se considera como un catalizador de la competitividad ». Fuente: Cordobés y Ducret, en Godet, Durance y Mousli 2010, 328.

La estrategia de Francia ha diseñado y ejecutado diversos programas nacionales de desarrollo sostenible para incluir la cultura y la creatividad como una importante esfera de intervención, por lo que muchos Ministerios y asociados elaboran estrategias específicas para abordar la función de las industrias culturales y creativas en el desarrollo sostenible. Es por eso que el régimen intermitente, La economía social y solidaria, la potencializacion de emprendedores, la calidad de emprendedores de espectáculos, nacen en forma de respuesta a todo un ecosistema cultural.

La UNESCO describe las ICC como los trabajos del futuro, que estas pueden surgir si se apoyan entornos normativos y políticas culturales integradas en toda la cadena de valor

No todo está perdido

Las diferentes formas de respuestas de países, organizaciones internacionales que hacen llamados a reconocer la creatividad y la cultura, se ponen nuevamente a la palestra en tiempos de crisis, como una instancia para reestructurar estrategias.

Para esto me gustaría entregar ciertas consideraciones a todas aquellas asociaciones, personas naturales, emprendedoras que buscan como posicionarse y agente activo en las reformas: 

  • Considerar la cultura y creatividad como programa de desarrollo sustentable dentro de la reestructuración de estrategias, cadenas de valor, modelos de negocios, entre otros. 
  • Considerar la economía de la atención como una estrategia de reapropiación y emancipación dentro de los nuevos desafíos ambientales, sociales y culturales, situando el cuidado en el centro de un sistema de intercambios conforme a la ética y el bien común.
  • Identificar el nivel de experiencias numéricas y tecnologías en el que se relacionan los proyectos, emprendimientos, startups, instituciones, asociaciones, museos, teatros, escuelas, etc..
  • Complementar y crear información, que son dos motores de producción y de la cultura.

Se invita ahora a utilizar la economía de la atención a la capacidad cognitiva del cerebro a favor del crecimiento económico y de nuevos modelos de acumulación de capital. Estamos siendo participes de una era numérica, donde somos proveedores de información relevante para grandes industrias, lo que debería aplicarse también en el sector cultural y social. La revolución digital está obligando a los profesionales a reconocer las económicas creativas y expandir los campos de competencias, por lo que primero se debería comenzar por expandir las miradas y comenzar a construir. 

Los invito a un viaje cultural virtual! 

Tours Virtuales:

Teatro:

Musica:

Festivales en linea:

Par Gisella Nuñez Salgado

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Nos photographes en herbe

Parmi les étudiants de la majeure culture, se câchent des photographes de talent. Nous avons choisi de leur dédier une publication afin qu’ils vous montrent leurs univers artistiques et leur vision de la photographie.

Florian, espaces ou détails, perspectives et couleurs…

Montage photo, dont le thème est la ville de Nantes.
© Florian Bartocci

Être confiné deux mois seul en centre ville, c’est l’occasion de découvrir la ville sous un autre regard lors des quelques sorties. On redécouvre les espaces, le paysage urbain de Nantes, immeubles ou industries… À travers ces photos, j’essaie de saisir ces grands espaces vides, de traduire un regard grand ouvert sur les couleurs de la ville, souvent à l’aube, à l’aurore, ou de nuit.

Montage photo, dont le thème est la nature et la ville mises en regard.
© Florian Bartocci

La photo, c’est saisir l’instant, c’est transformer le réel en donner une certaine vision. Que ce soit par la perspective abordée, le travail des couleurs, j’essaie de donner une vision différente, de traduire une émotion plus qu’un souvenir… mais tout en laissant la photo venir à travers les voyages et balades plutôt qu’en allant la chercher !

Je partage plus de photos sur Instagram : @flo.bartocci

Gisella, au coeur du Chili

J’aime la photographie mais j’aime surtout montrer les gens qui identifient le territoire. Dans ces photos, je présente Valparaiso, la ville du spectacle vivant, de l’art dans la rue. Ses formes, ses couleurs, ses lumières et ses ombres, c’est ce qui caractérise cette ville. D’autre part, je voudrais présenter San Pedro de Atacama, considéré comme un Oaisis au milieu du désert. Lors d’un petit voyage, je me suis rendu compte que dans le désert poussent aussi des fleurs. Deux paysages diamétralement opposés qui se trouvent dans le même pays, le Chili, dont je suis originaire.

Julia, la nature sans retouche

J’aime les couleurs vives. L’or d’un coucher de soleil corse, le turquoise d’une eau thaïlandaise, le vert pur d’une jungle cambodgienne. La photo est pour moi le meilleur moyen d’immortaliser mes voyages et de les partager autour de moi. Comme pour le dessin, je me tourne surtout vers les paysages naturels, les animaux, les fleurs… et parfois les portraits ! Si vous voulez en voir un peu plus, voici mon compte instagram julveneau.

Lucie, inconditionnelle des voyages

J’aime les photos très contrastées, qui soulignent le côté féérique ou dramatique d’un paysage, pour le voir sous un angle différent. Je fais surtout des photos en extérieur, pendant mes voyages… Je vois la photographie comme un moyen de remonter le temps, de figer ses souvenirs et de les faire revivre quelques temps plus tard à travers une photo. Je vous invite à découvrir d’autres photos sur mon compte instagram : pixel_photographyy_ où je partage mes vadrouilles en sac à dos, des volcans du Chili aux îles écossaises…  

Pour découvrir l’autre publication de la semaine, aux saveurs internationales, par ici (en anglais) ou bien par (en espagnol) !

Vous avez dit « Tokarczuk » ? À la découverte du Prix Nobel de littérature 2018

Aujourd’hui, on vous présente l’autrice Olga Tokarczuk ! En 2019, le prix Nobel de littérature de l’année 2018 lui est attribué. Au lendemain du scandale sexuel ayant ébranlé l’académie et justifiant ce report, c’est donc une femme polonaise, connue pour ses dreadlocks et son engagement en faveur de l’écologie, qui reçoit ce prix. Bien que médiatisée en France, son œuvre pléthorique reste peu connue. On vous a donc sélectionné trois œuvres de l’autrice pour mieux comprendre son univers tout à fait singulier ! 

Qui est Olga ?

Romancière Polonaise, Olga Tokarczuk a publié une quinzaine de romans. À ce jour, il s’agit de l’autrice polonaise la plus lue à l’étranger. Dans son pays natal, elle est considérée comme la plus grande écrivaine de  la littérature contemporaine et a été à plusieurs reprises distinguée par le Prix Nike (équivalent du Goncourt). Sa marque de fabrique ? Son sens aigu de l’observation des comportements humains, qu’elle ancre souvent dans une réalité presque surnaturelle. En 2018, elle explique ainsi :

« On ne peut pas décrire le monde en utilisant des outils réalistes, anachroniques pour la réalité aujourd’hui. Le monde a transgressé les frontières qu’il avait auparavant, les outils sont devenus désuets. Mon obsession, lorsque je lis des romans réalistes, est de chercher des scènes en dehors du réalisme. »[

Olga est une travailleuse acharnée. Exigeante avec les sujets qu’elle aborde, elle mène de longs travaux de recherche pour créer avec le plus de matière possible. Pour Les livres de Jakob, fresque sur le singulier Jakob Frank, elle étudie pendant 8 ans les archives de différentes institutions et commence même à apprendre l’hébreux afin d’accéder à des documents non traduits. Pour Les Pérégrins, elle partira 1 an à Amsterdam afin d’y étudier l’anatomie et la vie du médecin Ruysch.

Dans chacun de ses ouvrages, on retrouve chez Olga un goût prononcé pour les voyages et le mouvement, le rapport au temps qui passe, la nature

Les Pérégrins, ôde au mouvement

Le voyage a toujours eu chez Olga une place prépondérante. Son premier ouvrage sera Podróż ludzi Księgi(« Le voyage des gens qui lisent »). Mais c’est avec Les Pérégrins, un roman à tiroirs, qu’elle décline sa fascination pour le nomadisme. 

Pépite dans la littérature de voyageLes Pérégrins nous embarque pour un périple unique. En recensant les notes de tous ses voyages, l’autrice nous emmène en Pologne, mais aussi  aux Pays-Bas, en Croatie, aux États-Unis. Au-delà du voyage dans l’espace, Olga nous fait également voyager dans le temps. Les Pérégrins se transforme alors en un ouvrage d’histoire. Au détour des pages, on y découvre l’épopée du cœur de Chopin, la découverte du talon d’Achille au XVIIe siècle, la vie du médecin et botaniste néerlandais Ruysch… 

Au total, ce sont 116 histoires qui mettent en scène des nomades du quotidien, fictifs ou réels : 116 histoires qui racontent des personnages arpentant des quais de métro, conduisant des ferrys, fuyant leurs familles… L’ouvrage grouille de destins entremêlés, de personnages en mouvement perpétuel et aux expériences plurielles. 

« Ce roman, en forme de constellation, reflète cette obsession à rechercher des liens entre les différentes expériences que nous vivons. »[

Pourquoi faut-il faire lire Les Pérégrins ? Parce que l’auteure nous fait voyager dans l’espace, dans le temps et nous montre que pour voyager et faire voyager l’imagination suffit.  

Dieu, le temps, les hommes et les anges : une histoire du temps qui passe

Dieu, le temps, les hommes et les anges, c’est l’histoire d’un jeu : 

« Le jeu est une sorte de chemin sur lequel se succèdent de multiples choix, annonçait le texte au début. Les choix s’effectuent automatiquement, mais parfois le joueur a l’impression de prendre des décisions raisonnées. Il se sent alors responsable de la destination prise et de ce qui l’attend au bout. Cette éventualité est susceptible de l’effrayer ».

Ce jeu mystérieux structure ce conte. C’est le châtelain Popielski qui en est le joueur et, à mesure qu’il lance les dés et avance, son village, Antan, s’ouvre vers d’autres mondes, des mondes effrayants.  Hameau polonais parmi d’autres, Antan est un cocon où le temps passe au gré des saisons : « tout ce qui existe hors des frontières d’Antan est aussi trouble et changeant qu’un rêve ». Le monde extérieur semble absent dans les destins de ses habitants. 

L’ouvrage raconte ainsi l’histoire du Châtelain Popielski et celles de Geneviève, Misia, Elie, la Glaneuse, le Mauvais Bougre, Divins… Chaque personnage traverse l’ouvrage pour s’évanouir au fil des pages, dans le temps qui passe.  Car finalement, le cœur de l’histoire est le rapport au temps. À mesure que le châtelain lance son dé et que le jeu avance, les saisons passent et les frontières d’Antan se lézardent. Dans les brèches, c’est l’Histoire sombre et cruelle de la Pologne qui  s’engouffre et vient définitivement rompre « le temps d’Antan ». 

Pourquoi faut-il lire Dieu, le temps, les hommes et les anges ?Au-delà de l’écriture, c’est la forme même de l’ouvrage qui fascine. Cet ouvrage nous parle de frontières, de la porosité entre différents mondes. Les formes littéraires s’en retrouvent également perturbées. O. T explique ainsi : « Je raconte en partie l’histoire de ma famille, mais, au lieu d’en faire un récit biographique ou historique, j’ai voulu en faire un mythe. »[

Spoor : l’engagement de Tokarczuk dans une œuvre cinématographique

En 2017, Anieszka Holland (Europa, Europa ; House of cards), adapte Sur les ossements des morts de Tokarczuk. Cette dernière, co-scénariste, est d’ailleurs associée tout au long de la construction du film. Pour cette histoire, Olga Tokarczuk a choisi la forme du polar. Récompensé à la Berlinale en 2017, Spoor raconte la vie de Janina, une vieille femme passionnément engagée pour la cause animale. Cet engagement se traduit par une lutte avec les chasseurs de son village et plus largement contre les institutions établies. Lorsque les chiens de Janina disparaissent, d’étranges phénomènes surviennent au point que les chasseurs deviennent les proies dans une nature qui semble reprendre ses droits. 

Pourquoi faut-il voir ce film ?Le film démontre du goût de Tokarczuk pour, encore une fois, le mélange des genres. Entre thriller et polar, le film a le goût du fantastique. Enfin, au-delà des images magnifiées par une réalisation faisant la part belle à la nature, ce film traduit l’engagement de Tokarczuk. Le résultat est un véritable plaidoyer pour l’écologieoù le personnage de Janina est une métaphore de « dame nature ».

Source :https://www.lepoint.fr/livres/olga-tokarczuk-la-litterature-est-toujours-excentrique-25-11-2019-2349306_37.php

Par Juliette Bord

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La vulgarisation scientifique sur YouTube : quels contenus, quels soutiens ?

Faut-il soutenir la vulgarisation scientifique sur YouTube ? 

En traînant sur YouTube ce matin, je tombe sur une vidéo face caméra de Jamy Gourmaud, présentateur iconique de l’émission C’est pas Sorcier

Nostalgie oblige, j’arrête tout, je parcours la chaîne et visionne plusieurs de ses « capsules de déconfinés »  – entendez courtes vidéos tournées chez soi, au smartphone. Fidèle à lui-même, espiègle et créatif, Jamy détourne les objets du quotidien en maquettes de fortune pour expliquer à son audience la curiosité scientifique du jour. En moins de 2 minutes, le tour est joué. 

Le format quotidien, court et facile à comprendre matche bien avec les attentes des utilisateurs de YouTube : en moins de deux mois d’existence la chaîne rassemble déjà une communauté de plus 400 000 abonnés et totalise plus de 7 millions de vues cumulées.  Si le présentateur a certainement profité d’une fan basepréexistante, son audience est avant tout le résultat du grand boom de la vulgarisation scientifique sur YouTube, format dont Jamy fut un précurseur à la télévision.  

Mais comme tout phénomène à succès, l’essor de la vulgarisation scientifique provoque de nombreux débats. Entre succès populaire, rigueur scientifique et soutiens à la création faisons le point.  

Jamy lance sa chaîne YouTube personnelle !           

Des chaînes très variées aux communautés prisées 

Ayant pris le relais de Jamy, Fred et Sabine, les vulgarisateurs de YouTube traitent le plus souvent de sujets moins généralistes que l’émission de France 3. Mais comme elle, leur contenu est à la frontière de l’éducatif et du divertissement. Les vulgarisateurs les plus établis sont même parfois mobilisés pour intervenir auprès d’étudiants, sans pourtant être considérés comme des experts de la discipline au regard des critères de démarcation traditionnels (diplômes, publications académiques…). Entre YouTube et d’autres sphères culturelles, de nouvelles interactions se créent. 

Benjamin Brillaud de la chaîne Nota Bene revient sur son parcours et la légitimité scientifique de ses contenus.  

La popularité incite aussi les industries culturelles à investir la plateforme. De sorte que de nombreuses collaborations marketing sont diffusées sur les chaînes des vidéastes sponsorisés. Plusieurs stratégies sont déployées. Les éditions Le Robert cherchent par exemple une audience très large en collaborant avec Squeezie [NB1], dont la chaîne de divertissement recense 14 millions d’abonnés. D’autres  structures culturelles soutiennent des projets plus spécialisés, comme Warner Classics qui finance certaines vidéos de la chaîne Révisons nos classiques [NB2] aux « seulement » 50 000 abonnés, mais presque tous amateurs de musique classique. Ces opérations commerciales constituent une source de revenus indispensable à l’activité de vidéastes dont la rémunération YouTube est souvent maigre et irrégulière. Mais ces collaborations basées sur la popularité et le marketing posent aussi question. Dans la mesure où YouTube devient un médium privilégié pour la diffusion de la connaissance et de la culture,  faut-il donner aux vulgarisateurs de meilleures garanties en matière d’indépendance de création ?

Dirty Biology une chaîne soutenue par le CNC Talent, vient d’atteindre le million d’abonné. 

Les soutiens institutionnels sont-ils suffisants ? 

À mesure que la plateforme se professionnalise, produire des vidéos sur YouTube requiert plus d’investissements. Dans cette course à l’audience, les contenus culturels bataillent avec les chaînes de divertissement et les vulgarisateurs doivent redoubler de créativité pour gagner en visibilité. Les institutions publiques et audiovisuelles ont décelé dans ce phénomène un impératif de soutien à la création et une opportunité de visibilité commune. Dès 2017, le CNC Talent met en place le Fonds d’aide aux créateurs vidéo sur internet [NB3] de 2 millions d’euros. Pour le premier plan de soutien, près de la moitié des projets/chaînes selectionné.es revêtent un caractère éducatif. Depuis, France Télévisions et Arte France ont également développé des dispositifs de soutien. L’objectif est d’affirmer sa propre visibilité sur internet en s’engageant auprès de vidéastes populaires mais aussi d’aider des créations de qualité.

Il s’agit aussi de mettre en lumière les contenus les plus qualitatifs. À cet égard, le Ministère de la Culture émet dès 2018 un catalogue [NB4] de 350 chaînes de vulgarisation francophones, fondé sur la qualité scientifique et le potentiel éducatif des contenus. Même si l’État s’oppose à plusieurs pratiques de la plateforme [NB5] détenue par Google[1], il est important que son engagement pour la création se poursuive.  Car l’essor de YouTube ne profite pas qu’au secteur privé de la culture : il porte aussi une valeur éducative que les institutions publiques doivent promouvoir. 

Quelques conseils pour identifier la « bonne » vulgarisation scientifique avec Thomas C. Durand de la chaîne La tronche en biais.

Quand Pierre Bourdieu dénonçait la programmation télévisuelle en 1996, « C’est pas Sorcier » fêtait son troisième anniversaire. 25 ans plus tard, l’émission s’est arrêtée mais ses épisodes restent libres d’accès sur YouTube. Alors à l’image de Jamy, tout semble nous inviter à laisser de côté nos maquettes habituelles pour accompagner la trajectoire de la fusée YouTube. 


NB1]https://www.youtube.com/watch?v=CK1lGDlnR2I

 [NB2]https://www.youtube.com/channel/UCZHPwKyeypWwU8SNJSzQhCw

 [NB3]https://www.cnc.fr/professionnels/aides-et-financements/creation-numerique/fonds-daide-aux-createurs-video-sur-internet-cnc-talent_190814#Rsultats-des-commissions

 [NB4]https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Ressources/Ressources-pedagogiques-et-sensibilisation/350-ressources-culturelles-et-scientifiques-francophones-en-video

 [NB5]https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2019/05/02/l-audiovisuel-public-francais-irrite-par-une-nouvelle-fonctionnalite-de-youtube_5457504_3236.html


Par Nils Bernier

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D’un cinéma engagé à un cinéma engageant

Bien plus qu’une simple usine à rêve, le cinéma est devenu au fil des années l’un des reflets les plus saillants de l’évolution de nos sociétés. À la fois, les films façonnent et retranscrivent nos comportements et nos manières de vivre ensemble mais ils peuvent aussi être le point de départ d’actions individuelles et collectives. Peu à peu, le pouvoir du grand écran qui a longtemps servi « le soft power » de grandes puissances plus ou moins éclairées, s’est tourné vers des sujets plus engagés et sociétaux, comme la transformation écologique, l’accès à l’eau, les droits de l’hommes, le handicap, l’éducation, la lutte contre la pauvreté…

Qu’est-ce que le « cinéma à impact » ?

On assiste, ces dernières années, à l’émergence d’une nouvelle dynamique dans le cinéma mondial qui se fait appeler « cinéma à impact » et qui a pour ambition de relever les défis sociaux et environnementaux sans précédent auquel le monde est confronté grâce au pouvoir des images. L’objectif est de changer les regards, sensibiliser le public et l’inciter à l’action pour contribuer à un monde meilleur en traitant de sujets sensibles à travers le prisme des films et des séries.

L’idée est de faire en sorte que ces films et séries aient une dynamique positive sur le spectateur et d’éviter la résignation qui accompagne bien souvent le visionnage de certains films. En effet, la limite des films qui ont pour ambition de dénoncer une réalité est que ce fatalisme met le spectateur face au fait accompli aboutissant sur une sensation d’impuissance qui très souvent n’aboutit à rien de très concret. L’ambition du cinéma à impact est de prendre le contre-pied de ce constat et de :

« Contribuer à un monde meilleur en sensibilisant les publics du monde entier aux grands sujets de notre époque grâce à des contenus de qualité, engagés, et engageants »

Selon les mots de Jean-François Camilleri

Jean-François Camilleri est l’ancien président directeur général de The Walt Disney Company France, Benelux et Afrique francophone, devenu depuis 2017 président d’Echo Studio, un jeune studio français de production à impact.

Lucarne éclairée sur le monde, le cinéma nous aide « à préserver notre foi dans nos désirs d’un monde éclairé, face au compromis que nous passons avec la manière dont le monde existe » selon les mots de Stanley Cavell, écrivain et philosophe américain. Les mots d’ordre pour ces films sont soft power et engage-tainement (néologisme venu des Etats-Unis regroupant les mots entertainement et engagement). Concrètement, l’ambition est d’accompagner la sortie de ces films par de grandes campagnes d’impact ciblées en travaillant en collaboration avec des ONG, des institutions, des ministères ou des fondations, mais aussi en créant des évènements, en organisant des expositions, des conférences ou en participant à des festivals. Tout ce travail permet ainsi aux spectateurs de continuer l’expérience du film en lui donnant les clés pour agir. Chaque film est alors un point de départ, une prise de conscience et une inspiration pour aider et contribuer au changement.

Quelques « films à impact » à regarder !

Pour illustrer ce propos, voici une courte liste non exhaustive de films dit « à impact » qui ne succombent pas au déni ou au désespoir et qui ont pour ambition de raconter des histoires qui inspirent le plus grand monde et poussent le spectateur à vouloir changer l’ordre des choses.

Demain de Cyril Dion

« Si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ? Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays. »

Un film nécessaire, plein d’optimisme et d’espoir, qui à travers la fresque d’initiatives qu’elle dépeint pousse chacun à se réinventer pour repenser nos manières de produire, de consommer et d’échanger.

Au nom de la terre d’Edouard Bergeon

« Un événement replonge brutalement Thomas dans le drame de sa jeunesse. Il n’est alors qu’un adolescent quand son père, Pierre, meurt dans ses bras. Il est temps pour ce fils d’agriculteur d’affronter son passé, le lourd héritage de la terre. »

Véritable éloge au monde paysan et à l’âpreté de ce métier noble et si peu reconnu, Au nom de la terre pousse à un réveil citoyen pour la reconsidération de nos agriculteurs et éleveurs et à une agriculture plus saine qui nous concerne tous.

Les invisibles de Louis Julien Petit

« Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis ! »

Avec un regard sincère et lucide ce film dresse un excellent portrait de l’incapacité de nos civilisations modernes à prendre en considération le sort des plus fragiles à travers le parcours de personnages féminins étonnants et touchants.

Demain est à nous de Gilles de Maistre

« Ce sont des enfants venus des quatre coins du monde, des enfants qui se battent pour leurs convictions. Ils s’appellent Cris, Jose, Paola, Amina, Zack ou Anwarra. Jamais ils ne se sont dit qu’ils étaient trop jeunes, trop faibles, trop seuls pour se lever contre l’injustice ou les violences. Trafic d’êtres humains, travail des enfants, mariages forcés, extrême pauvreté ils s’engagent sur tous les fronts. »

À travers le parcours et les initiatives de ces enfants citoyens du monde nous espérons et agissons avec eux. C’est un film inspirant, à voir en famille, qui nous pousse à agir et nous donne foi en ceux qui feront le monde de demain.

• Hors normes d’Olivier Nakache et Éric Toledano

« Bruno et Malik vivent depuis vingt ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés ‘d’hyper complexes’. Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes. »

Inspiré d’une histoire vraie ce film est remarquable par la justesse de ce qu’il dépeint sans jamais céder au misérabilisme. Le véritable tour de force est que l’on ressort du visionnage survolté d’émotion et de motivation pour agir et s’investir pour aider les autres.

The Game Changers de Louis Psihoyos

« Suite à une blessure lors d’un entrainement, l’entraineur d’élite des forces spéciales et vainqueur de l’UFC 2009, James Wilks, parcourt le monde en quête de vérité sur la viande, les protéines et la force physique. »

Ce documentaire Netflix a eu un impact considérable sur les spectateurs et en aurait incité une part significative à devenir végétarien.  Sans céder aux sirènes du discours « tout healthy » ce documentaire a le mérite de déconstruire le mythe énergétique et vital de la consommation de viande dans notre vie quotidienne.


Sources :

https://www.nouvelobs.com/teleobs/20190204.OBS10500/et-si-les-documentaires-pouvaient-changer-le-monde.html

https://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/le-cinema-peut-il-agir-pour-lenvironnement-1152691

https://www.femis.fr/IMG/pdf/mprod_me_moire_de_fin_d_e_tudes_colin_destombe.pdf

https://food.konbini.com/news/le-nouveau-documentaire-netflix-qui-va-vous-convertir-au-veganisme/

https://www.offremedia.com/jean-francois-camilleri-devient-president-decho-studio

http://echo-studio.eu/#home


Par Victor Soussan

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Covid-19 et confinement : qu’en est-il du cinéma ?

Je ne vous apprends rien en vous disant que la situation actuelle est exceptionnelle. Beaucoup d’industries sont touchées des suites des différentes mesures prises par l’État. L’industrie du cinéma ne fait pas exception.

Mais alors, que se passe-t-il aujourd’hui pour le cinéma ?

Une bonne partie du secteur est à l’arrêt. Beaucoup de tournages en cours ou qui devaient avoir lieu au printemps de cette année ont été arrêtés et repoussés. Les distributeurs ont également annoncé de nombreux reports de sorties du fait de la fermeture des cinémas. On peut noter pour les plus grosses production le nouveau James Bond Mourir peut Attendre, le nouveau remake des classiques Disney Mulan ou encore la production semble-t-il maudite de la Fox Les nouveaux mutants dont la date de sortie ne cesse d’être repoussée depuis Avril 2018. Si ici je ne cite que des grosses productions dont les entreprises survivront au report de sortie, d’autres, plus petites, risquent d’avoir à sortir les rames pour garder la tête hors de l’eau ; d’autant plus que ce confinement a donné lieu à une situation encore plus difficile.

Plusieurs stratégies ont été mises en place par les distributeurs peu avant la mise en place probable du confinement : certains films ont vu leur sortie décalée à une date ultérieure, d’autres avaient prévu une sortie uniquement sur plateforme de SVOD (Amazon Prime Video, Netflix…) et certains sont sortis le Mercredi 11 Mars et ont donc bénéficié de seulement quatre jours d’exploitation. Ces films – dont la campagne promotionnelle a déjà été effectuée par ailleurs – ne généreront aucun profit jusqu’à la réouverture des salles. La chronologie des médias rendant impossible la sortie en SVOD des œuvres ayant eu une exploitation en salles – aussi courte soit elle – avant 36 mois.

Mais qu’est-ce que c’est que la chronologie des médias me direz-vous ?

Pour faire court, c’est la règle définissant à quelles dates il est possible d’exploiter un long métrage en dehors des salles de cinéma. Le décret régissant ces règles en France date de 1983 et avait pour objectif premier de protéger les salles ce cinéma. Pour des films comme La Bonne Épouse ou bien Un fils, seuls ces quatre jours d’exploitation peuvent à l’heure actuelle permettre des rentrées d’argent car le délai de mise à disposition d’un film sur une « plateforme de vidéo à la demande par abonnement ‘’non vertueuse’’ » (soit Netflix, Amazon Prime…) est de 36 mois. Pour Memento et Jour2fête, distributeurs français des deux films cités, c’est mauvais signe pour le futur étant donné que le film sur lequel ils avaient basé de grands espoirs financiers ne rapportera vraisemblablement que très peu.

Une évolution dans la chronologie des médias ?

Certains se demandent si un événement comme celui-ci ne serait pas un élément déclencheur de modifications à ce décret que beaucoup considèrent comme obsolète. Si la base de ce décret était de permettre aux salles de cinéma de conserver un nombre d’entrées conséquent, la situation actuelle avec l’omniprésence du téléchargement illégal semble appeler à une évolution. Contrairement aux idées reçues, la fréquentation des salles de cinéma est au beau fixe en France (213,3 millions d’entrées en 2019 soit le 2ème résultat de ces 50 dernières années, plus de 200 Millions d’entrées sur ces 6 dernières années) alors que la vente au format physique est en chute libre (passage de 119,57 à 46,94 millions de DVD vendus en France). On peut facilement conjecturer que le téléchargement illégal et l’essor des plateformes de streaming en sont la cause.

Cependant, là où les distributeurs vont obtenir une rétribution financière provenant des plateformes qui vont acheter les droits de leur film, ils ne vont absolument rien toucher avec le téléchargement illégal.

Les salles de cinéma se portent bien, alors pourquoi ne pas baisser le délai d’exploitation des films par les plateformes de VOD ce qui permettrait aux distributeurs de donner plus rapidement une seconde vie à leur long métrage et diminuerait sûrement les agissements de téléchargements illégaux ?

On peut espérer que la crise actuelle sera un électrochoc pour les hautes instances du cinéma français qui depuis quelques années ne semble pas enclines à travailler avec et non contre les plateformes de streaming vidéo. À mon sens et au vu des nouvelles pratiques de consommation de vidéo, c’est un combat qu’elles ont déjà perdu et la collaboration avec ces plateformes n’est qu’une évolution logique du marché du cinéma qui ne le dénature en aucun cas.

Le cinéma, de la salle jusqu’à chez vous

Mais pour le moment, nous n’en sommes pas là ! Nous sommes toujours coincés chez nous sans pouvoir nous rendre dans nos chères salles obscures et sans pouvoir acheter de DVD (enfin si mais je préfère laisser le pauvre postier effectuer des livraisons de masques hygiéniques dans l’hôpital de mon quartier que du Blu-Ray du dernier Fast and Furious chez moi). Et si vous souhaitez regarder des films, au lieu d’utiliser le téléchargement illégal ce qui, je ne vous l’apprends pas, participe à la mort à petit feu des petits distributeurs (oui parce que bon on ne va pas se mentir télécharger illégalement Kuzco, l’empereur mégalo ce n’est pas bien mais concrètement ça ne va pas faire trop de mal à Disney), il y a plein de plateformes légales qui vous permettent d’avoir accès à un grand panel de films sans vous ruiner :

FilmoTV : 7€/mois pour avoir accès aux films en SVOD puis location au film pour les films en VOD

UniversCiné : Plateforme de VOD à 0,99€ le film

La Cinétek : 3€/mois pour 10 films qui changent chaque mois

Mubi : Plateforme de SVOD, 8€/mois avec 30 films en roulement, un nouveau film chaque jour, spécialisé dans le cinéma d’auteur

Shadowz : Plateforme de SVOD, 5€/mois ; spécialisé dans le cinéma de genre/d’horreur

Maintenant que vous savez qu’avoir accès au cinéma, sans être hors la loi, peut être aussi simple et peu cher, laissez-vous tenter ! Les films que vous découvrirez vous le rendront bien !

Par Robin Sébille

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Comment la créativité se porte-t-elle pendant le confinement ?

Les artistes comme le reste du monde voient leur quotidien chamboulé par les restrictions de déplacement liées à la crise du Covid-19. Souvent associés à une image lyrique de liberté qui semblerait être la condition nécessaire au développement de leur ingéniosité créatrice, les artistes ne devraient plus alors être en mesure de produire des œuvres.

En croisant tous les domaines artistiques tels que la musique, le cinéma, la littérature, le théâtre, la danse ou encore les arts visuels avec des témoignages d’artistes, peut-on dire que la créativité de ces derniers est stimulée ou au contraire étouffée durant cette période morose ? Il s’agit d’établir un diagnostic de la création.

Des contraintes inhibitrices 

En ces temps maussades, certains artistes enfermés ne parviennent plus à imaginer de nouvelles productions. L’artiste peintre, Kelly Allison, avoue très mal vivre la crise. « Ce n’est pas vraiment le confinement qui est compliqué, mais plutôt la détresse et la souffrance du monde, surtout dans les pays les plus démunis, qui m’inquiètent et me plongent dans la tristesse. J’avoue que c’est aussi difficile de vivre si loin de ses proches. Nous n’avons aucune idée du moment où nous pourrons nous retrouver. Pour toutes ces raisons, je me sens vraiment paralysée dans ma création.[1] ». La chanteuse Clara Luciani alors confinée en Ecosse partage cette vision. Interviewée par Konbini, elle déclare : « Je suis très embêtée parce que je n’arrive pas du tout à être stimulée artistiquement par la situation actuelle. Je crois que c’est une contrainte pour moi. J’ai besoin de me sentir libre pour pouvoir écrire. ». Cette claustration paralyse alors tout espoir de transformation de cet accablement en œuvre artistique. 

Au-delà de l’aspect purement psychologique, de nombreux artistes ne peuvent tout simplement pas accéder à leurs espaces de travail et manquent de matériel. Leurs activités doivent alors s’inscrire dans un espace domestique restreint non optimal. Cela complique particulièrement la tâche des acrobates ou des danseurs qui rencontrent des difficultés pour s’exprimer pleinement dans leurs gestes, s’entraîner ou pour conserver la tonicité de leur corps. Pour ceux ne disposant que d’un petit espace pour vivre, il est certain que l’heure d’activité sportive quotidienne autorisée est utilisée à bon escient. Les limitations de circulation complexifient également la production d’artistes habitués à déambuler dans les rues à la recherche d’inspiration. Le carnettiste, Lapin, habitué à flâner dans les rues de Barcelone pour dessiner, ne peut plus vaguer à ses activités. Il s’adonne alors à la reproduction des plantes qu’il possède chez lui, chose qu’il n’avait jamais faite auparavant. Ces contraintes, pesant sur le moral des artistes ou sur leur habilité à créer, engendrent à l’inverse de nouveaux intérêts et forcent les artistes à découvrir de nouveaux médiums.  

Une opportunité pour se réinventer avec les moyens à disposition

Face à la crise sanitaire, les artistes transfèrent leurs angoisses ou leurs espérances dans leurs œuvres. Cette situation inédite leur offre de nouvelles pistes de création d’autant plus que tous les concerts, spectacles ou expositions, ayant été annulés, les créateurs se retrouvent désœuvrés avec beaucoup de temps disponible.

Dans le domaine musical, le live se réinvente et se développe. Le DJ Bob Sinclar, à défaut de pouvoir mixer dans les boîtes de nuit, choisit de faire cela depuis chez lui, dans son propre studio, et est écouté par de nombreux fans qui peuvent profiter de sa musique. Certains musiciens réalisent également les clips de leurs nouveaux morceaux depuis chez eux, comme Drake pour Toosie Slide, dans son immense villa à Toronto ou le groupe Magenta, anciennement Fauve, qui a monté le clip de Chance avec des vidéos envoyées par son public. Les rappeurs montent de nouveaux projets, l’actualité fluidifie leur plume et ils organisent des battles pour divertir leurs fans. A travers ces diverses créations, les artistes utilisent les moyens dont ils disposent et parviennent alors à garder contact avec leur audience, ce qui peut les sortir de leur isolement.  

Dans les arts visuels, les artistes peuvent employer l’espace dont ils disposent pour réinventer la perception de leur propre maison. Banksy, artiste urbain devant être particulièrement frustré en cette période de quarantaine, est à nouveau plébiscité sur son compte Instagram pour avoir pris en flagrant délit neuf rats en train de saccager sa salle de bain. Le confinement est alors lui-même générateur de nouvelles images et formes. Federico Babina, architecte basé à Barcelone, illustre le confinement dans une série de dessins intitulés Archisolation. « Il s’agit de pensées mises en images qui encadrent et reflètent la période actuelle. L’idée derrière cette série d’illustrations est de traduire à travers des formes visuelles les pensées et mots de la quarantaine, une recherche sur les formes et le développement de la créativité et de l’imagination par le jeu visuel. ». Il traite notamment de la distanciation sociale, de la vie cachée derrière les murs des immeubles ou de la surveillance étatique. Le temps offert aux artistes leur permet également de développer leurs pensées. Moustapha Baidi Oumarou, artiste-plasticien représenté par la galerie So Art Gallery basée à Casablanca, réfléchit sur la situation et en tire profit dans ses œuvres : « Tout en ayant un regard pointu sur mon espace de vie entouré par mes toiles, pinceaux et palette de couleurs, et une curiosité pour le monde extérieur, je retrouve ma place d’observateur, une partie de moi confinée à l’intérieur une autre partie projetée à l’extérieur. »

Dans leur volonté de se réinventer, les artistes peuvent également faire participer les amateurs. La comédie de Valence, centre dramatique national Drôme-Ardèche, propose sur son site Internet plusieurs projets : Silvia Costa recueille par exemple des réflexions de personnes confinées et à partir de cette matière dessine et diffuse ses œuvres ; Marc Lainé, écrivain de romans policiers a créé une chaîne narrative où chaque jour sont ajoutés les textes des participants.

Cette période semble alors pour de nombreux artistes importante pour la création et la réflexion. Tout comme les autres individus, ils se rendent bien compte du bouleversement des codes en cours, le modèle de consommation étant renversé par le renoncement à la liberté de se déplacer. Un champ de nouvelles possibilités est à appréhender. Cependant, même si cette prise de conscience est riche de nouvelles créations, elle n’est pas dénuée d’inquiétude quant à l’avenir de la situation artistique.

Des incertitudes grandissantes quant au futur

Les artistes, évoluant le plus souvent dans un milieu précaire, ne sont pas rassurés par l’annulation de tous les événements culturels. Les sources de leurs revenus dans les prochains mois à venir ne sont pas garanties et sans soutien du gouvernement ni des institutions culturelles, la création ne pourra plus continuer à vivre. Face à ce constat, quelques initiatives associatives sont mises en place pour soutenir les créateurs. L’association belge, les Amis d’ma mère, organise par exemple un concours appelé « Lockdown Art » pour inciter les artistes entre 21 et 31 ans à créer en duo des œuvres en temps de confinement. Les vingt meilleurs projets recevront un prix et seront sélectionnés et exposés en octobre ou en novembre à Bruxelles. Franck Riester, prévoit par ailleurs, un plan d’aide d’urgence de 22 millions d’euros pour soutenir la culture. Reste à savoir, si cela sera suffisant.


[1] https://toutelaculture.com/actu/confinement-creer-malgre-la-precarite-portraits-dartistes/

Par Manon Abt

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