Les nouveau-nés du confinement

À mon tour de participer à l’alimentation du blog de la majeure culture. Tout comme le confinement s’éternise, les articles à son sujet ne tarissent pas. Entre les annulations d’événements culturels par milliers ou encore la mise en berne de nombreux projets, les effets secondaires du Covid-19 sont multiples. Et pourtant tous ne sont pas à déplorer. En effet de nombreuses créations ont vu le jour ces dernières semaines. Toutes ne peuvent ignorer la réalité dans laquelle elles s’inscrivent et c’est donc tout naturellement que le huis clos quotidien s’intègre dans l’œuvre.

J’ai donc décidé de profiter de cette page d’écriture pour vous partager mes coups de cœur ! Je n’intégrerai pas mes créations capillaires dans cet article qui, bien qu’œuvres d’art reconnues par tous mes colocataires, restent encore à mes yeux en cours de processus. Bref, revenons à mes coups de cœur :

Tom Misch

Que dire quant à Tom Misch ? Mêlant hip hop, jazz et disco, le groove de cet artiste anglais a déjà conquis mes oreilles et mon cœur depuis quelques années. Si vous ne connaissez pas encore cet artiste je vous invite à écouter « It Runs Through Me » ici ! Au risque de manquer donc de manquer d’esprit critique vis-à-vis des réalisations de Tom Misch, je vous présente ses « quarantine sessions », rayon de soleil dans mon appartement qui en manque cruellement. On y retrouve un Tom Misch dans sa chambre en train de jouer des airs populaires tel n’importe quel étudiant à l’exception de sa virtuosité à la guitare.

Et comme des images valent mieux que des mots :

Tom Ibarra

En parlant de Tom, en parlant de guitare, en parlant de virtuose, comment ne pas mentionner Tom Ibarra. La chaine YouTube de ce jazzman français de 20 ans, primé à de nombreuses reprises, est une véritable caverne d’Ali Baba. Outre sa version de Jingle Bell, on y retrouve entre autres ses « One Minute Groove », qui permettent d’avoir un aperçu bref mais intense du talent du jeune homme. Pendant le confinement il a mis en ligne de nouvelles vidéos comme celle réalisé en hommage à Bill Withers, interprète notamment de « Lean on me » et « Ain’t no Sunshine » décédé il y a quelques semaines.

Hardcore

Autre réalisation musicale française ayant vu le jour grâce au confinement : le nouveau clip d’Odezenne. Au début du confinement, ce groupe bordelais de musique alternative a, au début du confinement, enjoint ses fans a leur envoyer une courte vidéo de ce qu’ils voyaient par leur fenêtre. Le résultat est, comme toujours avec Odezenne, poétique et envoutant. Qui eut cru qu’une fenêtre, que l’on perçoit aujourd’hui plus comme une source de frustration, pouvait tant nous inviter au voyage, à l’évasion et à l’apaisement.

Fenêtre sur confinement

La fenêtre et ce qu’elle laisse deviner deviennent donc des sujets d’art à part entière, et ce n’est pas Valentin Curtet ni sa voisine Audrey Pirault qui me contrediront. Fenêtre sur confinement est en effet une série de photographie mettant en scène le rebord de la fenêtre de la jeune femme. On l’y retrouve tour à tour sous l’océan, dans un bar ou encore dans la scène mythique du film « The Shining ».

https://www.instagram.com/valentincurtet/

Coronus

Et pour finir, une création encore plus locale. Celle-ci est en effet nantaise ! Les aventures de vies d’un étudiant confiné, voilà le pitch de la mini-série Coronus De Mathis Celce et Maxime Roy. De beaux plans, de la belle musique, de la magie… on ne s’en lasse pas. Vous pouvez retrouver l’lité de la série grâce au lien suivant https://www.youtube.com/playlist?list=PLJ9FvPNXEEeCkabGjWxENZDnkDXhlKZjH

Aussi difficile que ce soit  de choisir, voici mon préféré :

C’est tout pour moi aujourd’hui, je vous souhaite une bonne lecture des autres articles du blog, une bonne fin de confinement et une vie heureuse.

Par Gaëlle Djerroud

Pour les autres articles de la semaine, c’est ici !

#restezchezvous

10 comptes Instagram à suivre absolument quand on est amateur d’art et de culture

Voici 10 comptes Instagram qui valent le détour pour ceux qui aiment en apprendre plus sur l’art et la culture. 

1- @museelouvre

Avec des hashtags tels que #LouvrealaLoupe ou #HistoireduLouvre, ce compte nous permet d’en apprendre plus sur les œuvres  qui forment les collections du plus grand musée au monde ainsi que sur son histoire. 

2- @artbasel

Le compte Instagram à suivre pour les amateurs d’art contemporain et moderne. Art Basel est la plus grande foire mondiale d’art contemporain qui réunit toutes les formes d’art.

3 – @lacma

Le compte du musée d’art de Los Angeles, qui en plus d’apporter des éclairages sur les oeuvres de son musée détourne certaines d’entre elles en leur donnant une touche humoristique. 

4 – @filmatic

Avis aux amateurs de cinéma ! Ici sont réunies des photos des coulisses des films, des acteurs ou encore des scènes extraites de certains films 

5- @la.minute.culture

La Minute Culture, c’est des photos détournées avec des légendes actuelles mais aussi une story hebdomadaire qui permet de connaître de manière assez poussée la vie d’artistes tels que Klimt, Géricault ou encore Tolkien.

6 – @art

Art est un feed avec une colorimétrie parfaite qui mêle photographies, sculptures, performance, dessin … en bref, de nombreuses formes d’art. 

7 – @culturezvous

Le compte des sorties culturelles à faire mais aussi des explications sur certaines oeuvres et artistes. 

8 – @artips_fr

Pour découvrir les secrets cachés des oeuvres d’art ou encore les faits surprenants les concernant. Une même toile a été vendue chez Sotheby’s et Christie’s au même moment ?!

9 – @classical_art_meme_official

La page Instagram qui réalise des memes à partir d’oeuvres d’art. 

10 – culture_gouv

Le compte officiel du Ministère de la culture permet d’être au courant des sorties culturelles et expositions du moment. Ce compte publie également des oeuvres (photographies, peintures…).

Par Charline Vandewaeter

Cette article vous a inspiré ? Pour découvrir l’autre publication de Charline, c’est par ici ! Et pour lire un autre article sur les meilleurs comptes Instagram, c’est par .

De l’intérêt d’une double formation

Les étudiants de la Majeure Culture à Audencia ont des profils très diversifiés. Ils viennent d’horizons différents, ce qui fait la richesse de cette majeure. Se rencontrent des étudiants de l’Ecole du Louvre ou de l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes. Cependant, des étudiants ont parfois des parcours atypiques. C’est le cas d’Apolline Lairy, 22 ans, étudiante en Majeure Culture à Audencia… mais aussi en Master 1 d’Histoire de l’Art à Nanterre. Exemple d’une double formation.

Pourquoi suivre une double formation de ce type ?

Comment gérer ce dédoublement ?

Et, surtout, quels peuvent être les intérêts d’un tel parcours dans une future carrière au sein du secteur de la culture ?

Autant de questions que nous avons décidé de lui poser. 

Ton parcours est un peu particulier, n’est-ce pas ? Peux-tu nous le présenter rapidement ?

Particulier ? C’est le cas de la dire ! Durant ma scolarité, je suis allée un peu partout. Après un bac S, j’ai décidé de m’orienter vers cette sainte trinité qui m’attirait tant : la littérature, les langues et, bien sûr, l’art. Je suis donc entrée en prépa littéraire, spécialité histoire de l’art, dont je suis ressortie deux ans plus tard avec la conviction que je voulais travailler dans le secteur de la culture. C’est pour atteindre ce but que j’ai souhaité intégrer Audencia, afin de suivre la majeure Management des institutions culturelles et des industries multimédias. Mais, en entrant en première année en école de commerce, je ne me voyais pas renoncer ainsi aux cours d’histoire de l’art (et rien de mieux qu’un cours sur l’enluminure et les arts figurés du VIème au XIIème siècles pour s’aérer l’esprit après un cours de finance !).

Lors de ma première année à Audencia, je me suis donc également inscrite en L3 d’Histoire de l’art à l’université de Lille3 (en L3, et pas en L1, car j’avais obtenu des équivalences lors de mes deux années en prépa littéraire). Une fois ma L3 en poche, j’ai décidé de passer aux choses sérieuses en continuant en Master 1 (cette fois-ci à Nanterre). A la vue du travail demandé pour le valider (partiels+mémoire+stage= une nouvelle sorte de trinité !), j’ai décidé de le passer en deux ans. Et me voici donc aujourd’hui, à la fois en majeure culture à Audencia et en Master 1 d’Histoire de l’art à Nanterre.

Tu suis donc une double formation : à la fois une formation en commerce à Nantes, et une formation en Histoire de l’art à Nanterre. Comment parviens-tu à gérer les cours dans les deux structures ?

Je suis inscrite à Nanterre dans une double formation « à distance ». C’est une option disponible pour celles et ceux qui, faute de pouvoir suivre les cours en présentiel à cause de leur travail ou de leurs autres études, ne peuvent se rendre à l’université. Dans ce cas précis, les cours sont disponibles sur une plateforme en ligne (sous la forme de polycopiés, de diapos, ou même d’enregistrements des cours) et je n’ai à me déplacer que pour aller passer les examens.

Cette partie est assez délicate car les absences à Audencia, même pour aller passer mes partiels d’Histoire de l’art, ne sont pas excusées. Il faut donc garder son quota d’absences ou passer mon semestre d’Histoire de l’art en rattrapage une fois les cours à Audencia achevés (ce que j’ai fait pour ma L3). En ce qui concerne le Master 1, j’ai eu la chance de pouvoir valider mes partiels en envoyant mes devoirs en ligne (mesure prise par Nanterre suite aux blocages des universités). Il ne me reste cette année que le mémoire, que je validerai lors de ma soutenance à Nanterre, et mon stage, qu’il est possible d’effectuer dans n’importe quelle structure en lien avec l’Histoire de l’art.

Pour ce qui est d’Audencia, je suis le parcours Grande école classique. C’est le fait d’être dans cette formation « à distance », à Lille3 puis à Nanterre, qui vraiment m’a permis de suivre ces deux parcours en même temps.

Quels sont les avantages de suivre ces deux parcours justement ? 

Disons que l’un peut être une aide précieuse pour l’autre, et vice versa.

En ce qui concerne Audencia, mon parcours en Histoire de l’art m’aide à comprendre les cours relatifs aux musées et au marché de l’art de la majeure culture (même si ce n’est en rien indispensable pour les comprendre !). Avoir le Master à côté a aussi pu jouer sur ma sélection dans cette majeure (qui se fait à partir des notes et de l’explication du projet professionnel envisagé dans une lettre de motivation), et c’est définitivement un plus sur le CV lors d’entretiens pour des stages. Cela me permet déjà d’argumenter quand on me demande d’illustrer mon « sérieux » et ma « polyvalence » par un exemple concret, mais c’est aussi un élément différenciant par rapport à d’autres profils car il ajoute un socle théorique solide en Histoire de l’art aux capacités de gestion qui me viennent d’Audencia.

Et pour le master ?

Même situation en ce qui concerne le Master. Le fait d’avoir une double formation en parallèle dans une école de commerce reconnue démontre une polyvalence et des capacités de gestionnaire. Ce n’est pas enseigné lors des cours à la fac. La situation géographique d’Audencia m’a aussi été utile ! Recherchant de préférence un stage en Bretagne, dire que je venais d’Audencia (connue dans la région) m’a aidé à me différencier.

Tous ces éléments m’ont permis d’être acceptée en stage auprès de la directrice du Musée des Beaux-Arts de Brest, ville que j’apprécie beaucoup, pour aider à préparer la future exposition « La vraie vie est ailleurs ! » Femmes artistes autour de Marta Panqui sera inaugurée le 26 juin 2019. En ce qui concerne le mémoire à présent, je peux aussi dire que les cours de la majeure culture sur les musées m’ont aidé. Mon étude portant sur les musées des Beaux-Arts de Bretagne, j’ai pu correctement identifier les parties prenantes, leur rôle au sein de la structure et leurs différentes obligations qui peuvent avoir un impact sur mon sujet. 

Tu nous dis que tu travailles sur les musées des Beaux-Arts bretons pour ton mémoire. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

Je travaille plus précisément sur la place des artistes femmes des années 1830 à 1970 dans les musées des Beaux-Arts bretons. C’est un sujet qui me tient à cœur en tant que féministe et Bretonne par le sang (et le sol quand je le peux !). Même si j’ai grandi en région Centre et que j’ai pas mal bougé au cours de mes études, j’ai toujours été attachée à la Bretagne pour plusieurs raisons. Tout d’abord, mon père vient d’Ille-et-Vilaine, là où réside encore actuellement la branche paternelle de ma famille. Il y a aussi mes grands-parents maternels qui possèdent une maison à Fouesnant dans le Finistère où je passais toutes mes vacances quand j’étais enfant (et où je continue de revenir dès que je le peux !).

Enfin, il faut dire les choses… c’est une région magnifique ! Les paysages… la nourriture… et évidemment l’art ! (L’Ecole de Pont-Aven, ça vous parle ?). C’est là-bas que j’aimerai travailler, à terme, et j’essaye de mettre toutes les chances de mon côté. Je commence à m’y faire une place par les stages. J’ai déjà fait six mois à Brest, et je repars pour un mois dans cette ville avec mon stage au musée. De même, le sujet de mon mémoire est très ciblé sur la région. Il m’a permis de connaître les grands musées bretons sur le bout des doigts ! Car j’ai dû m’y rendre maintes et maintes fois pour mon étude. Mais croyez-moi, il vaut bien la peine de piétiner tous les week-ends dans les salles des musées !

Qu’est ce qui t’a motivé ?

Trop peu étudié en France, le thème des artistes femmes est un sujet très intéressant et d’actualité. C’est d’autant plus le cas en Bretagne ! Dès les années 1830, la création de nouvelles lignes de transport a attiré nombre d’artistes (étrangers, puis Français) dans la région. Tout ça pour trouver l’inspiration autour de paysages grandioses et de traditions encore préservées. Et parmi ces artistes, il y avait beaucoup de femmes, dont une grande partie très connue à leur époque.

Mais comment sont-elles tombées peu à peu dans l’oubli ? Comment raviver leur souvenir auprès d’un public qui ne les connaît pas ou peu ? Comment les mettre en valeur lors des expositions ? Ce sont à ces questions et à bien d’autres que je tente de répondre dans mon mémoire, et je compte bien poursuivre ces questionnements dans mon futur professionnel. Tout ça grâce à ma double formation !

Pour plus d’informations sur les formations à Audencia :
https://www.audencia.com/ .

Pour accéder à notre autre article de la semaine !

Propos recueillis par Pauline Ferrières et Mélanie Blanc.

Le Siècle Soulages, hommage au peintre de la lumière

Le 24 Décembre prochain, le peintre Pierre Soulages célèbrera son centième anniversaire. Rodez, la ville natale de l’artiste, rend hommage au maître de l’outrenoir. 

Pierre Soulages, l’artiste vivant français le plus connu à l’international, est un enfant de l’Aveyron. Né en 1919 d’une famille d’artisans ruthénois, il a grandi au sein d’un terroir riche et inspirant. Les paysages arides des Causses, la majesté de l’abbatiale de Conques ou encore les fascinantes statues-menhirs, furent une source privilégiée d’inspiration pour son art. Ainsi, le choix de l’implantation du Musée Soulages dans la ville de Rodez fut donc une évidence.

Le musée Soulages de Rodez
Le Musée Soulages de Rodez, Copyright : Pauline Ferrières

Le Musée Soulages

Inauguré en 2014, le Musée a donné un nouveau souffle à la ville de Rodez. En effet, il est aujourd’hui l’un des musées de province les plus fréquentés. Le musée abrite la plus grande collection d’œuvres de Pierre Soulages au monde : des brous de noix et peintures sur papier et de nombreuses estampes (eaux-fortes, lithographies, sérigraphies). Mais également des peintures sur toiles, avec les célèbres tableaux « outrenoir » qui ont fait la renommée de l’artiste. S’il aime tant travailler le Noir, c’est car cette couleur révèle la lumière. Par les reflets permis par la matière noire. Ainsi, la lumière jaillit de l’obscurité : c’est de ce paradoxe, à la symbolique profonde que naît sa création.   

« J’aime l’autorité du noir. C’est une couleur qui ne transige pas. Elle est violente mais incite pourtant à l’intériorisation. A la fois couleur et non-couleur. Quand la lumière s’y reflète, il la transforme, la transmute. Il ouvre un champ mental qui lui est propre. »


Propos de  Pierre Soulages.
Détails d'un tableau outrenoir de Pierre Soulages
Détails d’un tableau outrenoir de Pierre Soulages, Copyright : Pauline Ferrières

L’architecture du Musée Soulages est à la mesure de l’œuvre picturale de l’artiste. En 2017, le cabinet catalan RCR reçoit le prix Pritzker pour ce projet architectural d’envergure. Aussi, il s’agit de la plus haute distinction dans le domaine de l’architecture. Les nuances de l’acier Corten, qui enveloppe le musée, font écho au travail artistique de Soulages.

Quelles expositions ?

L’espace d’expositions temporaires du Musée, exigé par le peintre lors de sa création, accueille des expositions d’art moderne et d’art contemporain de haut vol. Une fois de plus, dans le cadre du centenaire du peintre de la lumière, le Musée Soulages offre une superbe programmation artistique : 

  • Du 19 Avril au 26 Mai 2019 : l’exposition d’art numérique de Miguel Chevalier « Pixels Noir Lumière ».
  • Entre le 22 Juin et le 3 Novembre 2019 : l’exposition d’œuvres monochromes d’Yves Klein « Des cris bleus ».
  • Du 14 Décembre au 10 Mai 2020 : l’exposition « Femmes – Années 50, Sonia Delaunay, Joan Mitchell et l’autre moitié de l’avant-garde ».

Dans le même élan, la ville de Rodez s’associe à des artistes et de nombreux acteurs du territoire. Par conséquent, ils proposent des évènements artistiques et culturels riches pour le « Siècle Soulages » :

  • Du 12 Avril au 15 Septembre 2019 : un parcours de sculptures monumentales d’art contemporain investit le cœur de ville. En particulier avec les sculptures majestueuses de Christian Lapie.
  • Entre le 8 Août et le 18 Août 2019 : une installation de réalité virtuelle générative « Digital Supernova » de Miguel Chevalier est projetée sur les voûtes de la nef de la Cathédrale de Rodez.
  • Du 20 Avril au 31 Décembre 2019 : sept grands chefs étoilés aveyronnais rendent hommage à Pierre Soulages par des créations culinaires inédites. 

Vous pouvez consulter l’intégralité de la programmation des évènements du « Siècle Soulages » sur le site officiel : https://www.sieclesoulages.fr

Détails d'un brou de noix de Pierre Soulages
Détails d’un brou de noix de Pierre Soulages, Copyright : Pauline Ferrières

Pauline, Apolline, Mélanie, étudiantes de la Majeure Culture

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Galerie Fontaine – Entre esthétique et éthique

L’échange qui va suivre à propos de la Galerie Fontaine est extrait d’un entretien qui eut lieu le 26 avril 2019. Le choix fut fait de ne pas conduire une interview, mais plutôt d’entamer une conversation autour de la pratique artistique et de la vision de l’art qu’a Michaël, jeune diplômé de l’école des beaux-arts de Nantes suivant la Majeure Management des institutions culturelles d’Audencia. Tout cela dans le cadre du partenariat entre l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes et l’école Audencia. Son interlocuteur sera Thibaud, élève de la Majeure, issu d’Audencia.

Michaël envisage l’art du point de vue de la création en tant que jeune artiste plasticien. Thibaud l’appréhende lui par le prisme des institutions muséales, avec lesquelles il eut l’occasion de collaborer. Les deux intervenants de la causerie qui va suivre s’expriment donc de deux endroits différents de l’univers de l’art. De ces endroits, l’objet de l’art est perçu, observé différemment. Ainsi, le but de cet échange n’est pas de définir un objet, l’art, qui se dérobe sans cesse, toujours redéfini, mais de l’envisager sous différents angles. En bref, de croiser les regards. Et pourquoi pas sous la forme d’une digression ? “La réponse est le malheur de la question” disait Maurice Blanchot (L’Entretien infini, 1969) ; alors ne concluons pas, discutons.

THIBAUD : Il y a une œuvre que tu m’as montrée qui m’a interpellé : c’est la Galerie Fontaine.

Lorsque tu m’as présenté ta documentation, tu as évoqué la question – et je te cite – “de la visibilité ou de l’invisibilité de l’art dans l’espace public”.

Parce que sur le principe, cela me fait beaucoup penser aux Boîtes-en-valise de M. Duchamp, sur ce jeu avec l’institution. Toi comme Duchamp, vous présentez finalement un musée en miniature, un musée portable. Mais ce que je trouve différent entre vos deux recherches, c’est que l’œuvre de Duchamp a un côté plus privé, intime. Une valise, c’est à usage personnel, si on l’ouvre pour voir un mini-musée, c’est pour voir son musée à soi, et rien que pour soi. D’ailleurs, Duchamp n’y a mis que des œuvres qu’il avait faites lui-même. Alors que toi, tu as créé Galerie Fontaine exprès pour que d’autres artistes puissent exposer à l’intérieur. Et puis, tu as mis cette “Galerie”, enfin plutôt ce socle de galerie, ce cube blanc, sur roues : en soi la Galerie Fontaine est faite pour “exposer”, pour montrer une œuvre à un public.

MICHAËL : Oui effectivement, et rien que le nom de « Galerie Fontaine» peut s’envisager comme un clin d’œil à l’œuvre de M. Duchamp (cfFontaine).

Et puis c’est parti de quelque chose de très particulier !

En fait, à l’époque après avoir conçu la Galerie Fontaine, un collègue artiste et moi-même avons imaginé et fabriqué une fragrance qui allait être diffusée pendant chaque exposition, et puis on a bricolé un diffuseur d’odeurs pour qu’il se conjugue au design de la Galerie, et ça a donné une fontaine odorante. D’où le nom de Galerie Fontaine, tu vois. Et finalement, ce travail avec le diffuseur et la création de la fragrance, c’était la première œuvre qui à été intégré ma Galerie, qui d’ailleurs, parachevai son esthétique.

Aussi, à la base, il y avait la volonté de créer une galerie qui soit à la fois un espace et un objet, une sculpture vide. Puis de jouer sur cette question de la diffusion surtout, voir même de dissémination. Après il y a la question de la mobilité… mais contrairement à la valise de Duchamp, ce qui m’importait c’était l’idée que de jeunes artistes pouvaient se rencontrer autour de cette “Fontaine”. Et produire des œuvres spécifiques aux dimensions de cet espace. La Galerie Fontaine,c’était une sorte de contrainte, règle de base à partir de laquelle les artistes pouvaient développer un projet, en collaboration ou en solo.

THIBAUD : Oui, justement, c’est là où je voulais en venir !

C’est que ton œuvre recouvrait pratiquement un travail de commissariat. Il s’agissait bien d’offrir à de jeunes artistes un espace pour se montrer, pour montrer leurs œuvres. Et ce travail de commissariat, je crois que tu l’as développé avec l’exposition Dédale que tu as imaginée en 2016. Il y avait alors, si je me souviens bien, 14 artistes invités qui collaboraient dans un espace minuscule. J’ai trouvé cela assez parodique d’offrir ainsi si peu d’espace à chaque artiste alors que tu es censé les aider à exposer.  

MICHAËL : Ah ! Mais alors peut-être qu’il faudrait parler de l’esthétique de la Galerie Fontaine, et ensuite de l’usage que j’en ai fait. D’abord, c’est clairement un objet qui n’est pas neutre. Tu vois, pour la création de cette espace, j’ai repris certains codes. Notamment, l’espace blanc, immaculé des espace d’exposition. Et la forme de la Galerie Fontaine lorsqu’elle est fermée n’évoque rien d’autre qu’un socle blanc. Après, il ne s’agit pas de reproduire les codes, tu vois, lorsque j’ai imaginé cet espace d’exposition je l’ai pensé à échelle réduite, et j’y ai ajouté la mobilité, la modularité. Tout ça participe à une satire. Ou une parodie d’un leitmotiv contemporain « mobilité, flexibilité, adaptabilité ». On est dans du design fictif et à ce moment-là. La fonctionnalité m’importait peu vis-à-vis de l’image que produisait l’objet. Et en ce sens l’objet n’est pas neutre.

Quel a été le moment où tu as décide d’impliquer d’autres artistes ?

Quand je me suis posé la question de l’usage ; et c’est véritablement à ce moment-là que j’ai petit-à-petit changé de casquette pour penser à un travail de commissariat d’exposition. Et comme tu l’as remarqué, dans le cadre de l’exposition Dédale, j’ai invité 14 artistes à imaginer des productions “spécifiques” à cet espace, genre, du sur mesure. En fait, ça produit un hiatus entre le nombre d’œuvres que peut accueillir la Galerie Fontaine et le nombre d’artistes sensé y exposer leurs productions. Mais tu vois, à l’échelle des institutions que nous connaissons, c’est la même affaire. Entre le nombre de jeunes artistes qui pourraient exposer leur production, et ceux qui les exposent vraiment… Combien ont la possibilité d’exposer dans ces cadres de consécration ?

Alors oui, quand je propose à 14 artistes d’exposer dans une galerie à échelle humaine ça parle d’une réalité. Celle de la difficulté pour les artistes de trouver un endroit où exposer, des différentes instances de légitimations de leurs pratiques. Et surtout, et le plus important à mes yeux, ça pose la question de la sélection d’artistes. Sur quels critères on se base pour sélectionner un artiste ? Et là, selon moi on rentre petit à petit dans des questions de commissariat. Des questions autant esthétiques que éthiques à mon sens.

THIBAUD : Comment ça éthique ?

Parce que… la question esthétique me semble évidente en effet : selon les commissaires, les sensibilités divergent et deux rétrospectives sur le même artiste peuvent prendre des tournures complètement différentes. Par exemple, se tient actuellement au Centre Pompidou une rétrospective autour de Victor Vasarely. Les œuvres exposées sont toutes autres que celles qui furent présentées pour une rétrospective similaire au Städel Museum de Francfort en septembre 2018. L’accent à Pompidou est mis sur l’op art, l’optimisme et le pop acidulé des œuvres qu’a produites Vasarely dans les années 60. Tandis que le Städel présentait en grande partie les œuvres que Vasarely a peintes pendant la guerre, œuvres très sombres et introspectives. Certes, le choix de ne pas présenter une partie de la production d’un artiste peut recouvrir un choix éthique – que présente-t-on, comment et pourquoi ? ; c’est cela que tu veux dire ?

MICHAËL : Tu vois, personnellement, lorsque le projet Galerie Fontaine devenait de plus en plus un projet de commissariat, je me demandais : pour qui est-ce que le commissaire travaille-t-il ? L’institution qui l’invite pour organiser une exposition ? Les artistes, les œuvres qu’il sélectionne ? Le public qui se rend à l’exposition ? Il y a des intérêts qui peuvent diverger… Parce que je me rendais bien compte qu’en même temps que j’accompagnais et que je boostais les artistes sur leurs projets, je voulais que tout ça entre dans le cadre que j’avais également fixé. Autrement dit, laGalerie Fontaine. Je me suis alors demandé comment mes choix limitaient le champ d’action de l’artiste invité…

Et pour la question éthique ?

Alors pour te répondre sur la question éthique. Finalement le commissaire devient responsable d’une expérience qui influe très largement sur la réception des œuvres que fera le public. Une même œuvre dans deux expositions différentes pourrait simplement ne pas avoir le même sens. Jusqu’où le commissaire peut-il s’approprier le travail de l’artiste ? Le commissaire a donc un rôle éthique à jouer vis-à-vis des artistes, et le regard qu’il porte sur une œuvre à de nombreuses incidences. Malgré tout, le rôle du commissaire est de créer des règles, de définir un cadre. Et ce n’est pas un mal ! Les artistes ont besoin de ce cadre pour pouvoir créer.

THIBAUD : Oui ! Cela me rappelle la notion du débordement dont tu avais parlé. Cette nécessité pour les artistes d’avoir des règles pour pouvoir les déborder. J’avais trouvé cela fort cette vision de l’artiste comme agent qui vient affirmer ou transgresser les codes sociaux. En tout cas un individu qui questionne notre regard. Finalement, on en revient à la question du rôle éthique de l’artiste.

Propos transcrits par Thibaud Richard et Michaël Branchu.

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Des élèves de l’École du Louvre dans la Majeure Culture

Si cinq élèves d’Audencia ont d’abord suivi les enseignements de l’École du Louvre, deux étudiantes ont à leur tour intégré la majeure “Management des institutions culturelles” d’Audencia. Retour sur leur expérience le temps d’un semestre… 

Où en êtes-vous dans votre parcours au sein de l’École du Louvre, et quel a été votre cursus ? 

Ambre: Je suis entrée à l’École du Louvre en validant le test probatoire qui donne accès au premier cycle d’enseignement consacré à l’histoire de l’art. Je suis spécialisée en histoire des arts d’Extrême-Orient ce qui m’a permis d’étudier à la Peking University en Chine. Cela m’a également orientée vers l’apprentissage du japonais à l’INALCO. J’ai également pris part à un partenariat entre l’École du Louvre et l’ESSEC afin de compléter encore mon cursus. J’effectue actuellement ma première année de deuxième cycle à l’École du Louvre ; c’est-à-dire le Master 1 de l’établissement dédié au domaine muséal.

Apolline: Je suis actuellement en deuxième année de deuxième cycle, soit en Master 2, spécialisée en Médiation Culturelle. J’ai intégré l’École du Louvre par équivalence (sur dossier) en Master 1 de muséologie, à l’issue de deux années de classe préparatoire littéraire option Histoire des Arts et d’une L3 d’Histoire de l’Art à l’Université de Strasbourg. 

Quel est votre projet professionnel ? 

Ambre: J’ai pour ambition d’occuper les fonctions de responsable d’un service culturel et particulièrement celles de conseiller de coopération et d’actions culturelles au sein des institutions françaises établies en Asie. Les notions de transmission, de communication et de médiation me sont en effet particulièrement chères. D’autant plus qu’elle tendent au renforcement des relations culturelles à l’échelle internationale, un enjeu majeur de la mondialisation actuelle.

Apolline: Passionnée par la transmission des richesses du patrimoine et de la création artistique, j’ai pour objectif professionnel de travailler au sein du service du développement des publics et de l’action culturelle d’un établissement patrimonial. Mon but est de prendre une part active à la valorisation d’une collection dans le cadre d’une institution muséale. En effet, je désire favoriser la rencontre entre les œuvres d’art et le public. Et pourquoi pas en étant actrice de la mise en place de la programmation éducative et culturelle d’une institution. 

Pourquoi avoir choisi le partenariat avec Audencia ? Quelle complémentarité existe-t-il entre les deux cursus selon vous ? 

Ambre : J’ai souhaité intégrer la majeure afin d’acquérir des compétences plus polyvalentes et notamment managériales appliquées au secteur culturel. Si l’École du Louvre délivre des connaissances théoriques sur la gestion du patrimoine collectif, la majeure culture permet d’envisager concrètement les enjeux actuels du domaine culturel. 

Apolline : J’ai choisi d’effectuer ce partenariat avec Audencia à la place de mon stage de fin d’étude afin d’enrichir mon champ de connaissances. Mais aussi de me former au management et à la gestion de projets, indispensables à la poursuite de mon projet professionnel. Ce sont notamment mes différentes expériences professionnelles (stages) qui m’ont incitée à me tourner vers cette formation complémentaire afin d’acquérir des connaissances et des atouts que mon parcours académique ne m’avait pas permis d’aborder jusque-là. 

Sur quel projet tutoré travaillez-vous ? Qu’en avez-vous retiré ? 

Ambre : Le projet tutoré auquel je participe est consacré à l’étude des possibilités d’exploitation du Vieux Château de Quintin. Ce travail me permet d’allier compétences en histoire de l’art et vision entrepreneuriale ; créant une émulation très constructive.

Apolline : Tout comme Ambre, j’ai été amenée à réaliser un projet pour le château de Quintin mais de nature différente. Il nous revenait d’étudier la viabilité sur le plan pratique et financier de la mise en place d’une structure d’accueil pour artisans d’art (pépinière). Le but était d’encourager la création d’artisans d’art, mais aussi de favoriser la transmission de leur savoir-faire auprès du public. Il fut extrêmement enrichissant de travailler en équipe sur ce projet. Cela m’a permis d’appréhender les différentes composantes de l’étude de faisabilité d’un projet, notamment la conception d’un business plan. 

Dans le cadre du module “Art et culture à l’international”, quel séminaire avez-vous choisi ? Que vous a-t-il apporté, ou quelles en sont vos attentes ? 

Ambre : J’ai suivi le séminaire organisé par l’université de Deusto à Bilbao. L’immersion auprès des acteurs locaux de la culture a été extrêmement enrichissante. Cela m’a aussi permis d’appréhender clairement les enjeux actuels et futurs du développement culturel à l’échelle d’un territoire.

Apolline : J’ai choisi d’effectuer le séminaire à l’École du Louvre, car celui-ci entre parfaitement en adéquation avec mon projet professionnel. Il me donnera l’occasion d’appréhender des problématiques concrètes au sein des institutions muséales. 

Quels sont, selon vous, les avantages et les inconvénients de la Majeure, et que retirez-vous de celle-ci ? 

Ambre : Effectuée en première année de master, cette expérience d’échange est très intense. En effet, il faut répondre simultanément aux exigences de la majeure (qui implique un investissement à la hauteur de notre intérêt pour ses enseignements) et à celles de l’École du Louvre (qui demande un engagement tout à fait assidu pour l’élaboration du mémoire d’étude). Les avantages apportés par la majeure prennent néanmoins le pas sur ces contraintes. Le dynamisme de ce cursus se révèle en effet particulièrement épanouissant. Les intervenants professionnels délivrent un savoir concret tandis que chaque expérience, même de loisir, se trouve être formatrice. L’esprit de promotion et l’enthousiasme régnant assurent enfin les meilleures conditions d’apprentissage et de formation. 

Apolline : La formation dispensée par Audencia est selon moi un complément essentiel à celle délivrée par l’École du Louvre. En effet, les différents enseignements nous permettent d’avoir une vision globale de l’économie de la culture. Ils nous permettent aussi d’acquérir des outils essentiels pour la gestion de projets culturels. L’un des avantages et des atouts de cette Majeure est selon moi sa pluridisciplinarité. Cela m’a permis d’élargir considérablement mon champ d’horizonu-delà des institutions muséales, notamment vers le spectacle vivant. L’ensemble des cours permet également de comprendre les enjeux et les mécanismes des organisations culturelles. 

Qu’avez-vous préféré durant ce semestre à Audencia ?

Ambre : L’investissement, l’enthousiasme et le dynamisme de la professeure responsable de la majeure est sans aucun doute l’élément qui m’a le plus marquée. Je souhaiterais d’ailleurs la remercier infiniment pour son accueil chaleureux et son soutien bienveillant.

Apolline : Je ne saurais réduire en quelques mots toutes les merveilleuses choses que j’ai vécues durant ces quelques mois à Audencia. Un élément m’a néanmoins profondément marquée : la visite du Grand T de Nantes. Pouvoir pénétrer dans l’arrière du décor d’un univers qui me fascine, celui du théâtre, a été pour moi une expérience des plus enrichissantes et dont je garde un souvenir ému. 

Ambre Genevois et Apolline Cade 

Le Chronographe, une flânerie sur les rives du temps

À propos des grandes villes bouleversées, Sénèque écrit dans ses Épîtres : « Les villes, elles sont destinées à périr, c’est le lot de tous »[1]. Ruines mais pas néant, c’est ce que les archéologues ont révélé de l’exceptionnelle cité antique de Ratiatum (aujourd’hui Rezé) exhumée dans les années 1950 à proximité de la Chapelle Saint-Lupien. Ville la plus au nord de l’ancien royaume des Pictons, elle est une ancienne place commerçante qui faisait face à Nantes, située aujourd’hui à plusieurs dizaines de mètres du Liger (nom latin de la Loire). Or, au fil du temps, le lit du fleuve s’est déplacé, condamnant de fait la cité à une lente décadence commerciale et civique.

Depuis 2005, les fouilles archéologiques assurées dans les années 1980 par l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) sont maintenues et organisées dans le cadre d’une collaboration entre Ophélie de Peretti, archéologue municipale et l’Université de Nantes. En 2017, un centre d’interprétation archéologique baptisé « Le Chronographe » a été construit sur le site. Ce bâtiment en bois de 800 m2 est composé de trois niveaux : un rez-de-jardin consacré aux expositions temporaires et aux ateliers pédagogiques, un rez-de-chaussée présentant l’exposition permanente ainsi qu’une terrasse et un belvédère.

Il faut noter qu’une exposition temporaire de très bonne facture est en ce moment présentée au-dit Chronographe. Réalisée à partir d’œuvres du FRAC (Fonds Régional d’Art Contemporain) Pays de la Loire, elle est consacrée à l’art contemporain autour du thème de l’archéologie.

Le Chronographe est à l’image de la Loire qui l’a autrefois longé, un fleuve à côté duquel le promeneur est amené à flâner, un fleuve que l’on peut descendre ou remonter selon qu’on veuille se plonger dans le passé, ou bien rêver un passé. L’enfouissement dans le sol est une ressource précieuse, rare, sorte de bouteille jetée dans la mer du temps mettant en exergue le rapport important entre le sol et la mémoire. Force est de se demander pourquoi la municipalité de Rezé n’a pas réservé le nom de « Cité radieuse » à sa prestigieuse ancêtre plutôt qu’à sa voisine, l’étron moulé du Corbusier.

Ratiatum, ville florissante et prospère sur les bords du Liger il y a quelques siècles – c’est-à-dire hier – par son exhumation, invite à réfléchir sur la mortalité de nos propres villes qui sont promises au même trépas. Alors que les forces de la nature nous feront ravaler notre morgue, le poète Lucrèce nous enjoint à être prudent et à se prémunir face à l’arrogance. Afin que nous ayons conscience de notre mesure, il nous signifie que tout est destiné à la ruine : « Fiat mundi confusa ruina »[2].

Irénée Dupont, 15 avril 2019

[1]Cf. Sénèque, Épîtres, XCI, 11-12.

[2]« Et le monde ne sera plus qu’une ruine confuse », De la nature des choses, v. 605.

La transformation urbaine de Bilbao

La semaine dernière, la majeure culture d’Audencia est partie à la rencontre de différents acteurs culturels de Bilbao lors d’un séminaire organisé par l’Université de Deusto.

Les visites auprès des institutions et les échanges que nous avons eu nous ont permis de mieux comprendre comment Bilbao a réussi sa tertiarisation, passant d’une économie industrielle au secteur des services. Comment s’est orchestrée la rénovation urbaine de Bilbao passant d’une ville industrie à une ville musée avec un centre économique fort ? Read more